Le 9 juin prochain, les citoyens européens seront appelés aux urnes. La période électorale qui s'ouvre constitue un moment important de notre vie démocratique. D'autant plus important que les enjeux de cette élection à un seul tour détermineront, alors qu'une guerre fait rage aux portes de l'Europe, l'avenir de notre continent et donc de la France.
Ce contexte appelle à un sursaut démocratique. Pourtant, une abstention record se profile. Le risque serait d'accepter celle-ci comme un état de fait avec lequel il faudrait composer. Car ce phénomène gagne du terrain, y compris auprès des personnes qui, jusque-là, allaient habituellement voter. Il touche l'ensemble des États de l'Union européenne. Il n'est plus un phénomène électoral, mais une tendance qui travaille l'ensemble de notre société - une crise profonde de la représentation.
Si nous voulons prendre la mesure de cette crise et y apporter de vraies réponses, il faut avoir le courage du changement. L'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives peut être une piste à explorer pour renforcer la représentativité au sein du Palais-Bourbon.
Mais renforcer la représentativité des partis politiques dans l'hémicycle n'aura pas l'e!et espéré si les élus qui y siègent ne sont pas eux-mêmes représentatifs des Français. Si l'engagement politique continue à n'attirer que les mêmes profils, avec les mêmes parcours, venus des mêmes endroits, nous ne comblerons pas le fossé qui se creuse entre les citoyens et une sphère politique en vase clos.