Emprunts toxiques de l'ex Poitou-Charentes : il faudra patienter

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
C'est un report qui a ravivé la flamme. En cause, le décalage de l'intervention du cabinet Riskedge, missionné par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine pour faire la lumière sur les emprunts structurés dits "toxiques" contractés par l'ex-région Poitou-Charentes, dirigée récemment par Ségolène Royal puis par Jean-François Macaire. Un dossier qui préoccupe la Nouvelle-Aquitaine après la fusion régionale du 1er janvier dernier. Pour mémoire, un audit diligenté auprès du cabinet E&Y au premier semestre dernier laissait apparaître une situation plus que délicate pour l'ancienne région Poitou-Charentes : 130 M€ d'impayés, 198 M€ de dettes à risque dont 46 M€ hautement risqués... En clair, sans la fusion régionale, Poitou-Charentes était furieusement dans le rouge.
Dans un communiqué intitulé "Emprunts toxiques de l'ex-Poitou-Charentes : la majorité redoute-t-elle les résultats de l'audit ?", les élus d'opposition Les Républicains et CPNT remontent au front. Ils fustigent le report de l'intervention du cabinet Riskedge, chargé par le président socialiste Alain Rousset de faire la lumière sur ces emprunts toxiques et de proposer des scénarios de sortie de la dette. Prévue le 20 octobre, cette intervention devant les élus de la commission des finances du Conseil régional est décalée au 24 novembre "pour des raisons d'indisponibilité de l'équipe", précise le groupe d'opposition mené par Virginie Calmels, s'interrogeant devant "un travail qui a commencé depuis 4 mois et qui semble ne jamais trouver véritablement de fin tant la situation semble confuse..."
L'opposition de droite au Conseil régional soulève principalement deux points.
Le premier tient au report en lui-même :
Porte-parole du Conseil régional, membre de la commission des finances, Florent Boudié répond :
L'autre problématique soulevée par l'opposition au Conseil régional est la suivante :
Alain Rousset a demandé la réouverture exceptionnelle du fonds de soutien mis en place par l'Etat en 2014 pour aider les collectivités à se défaire de leurs prêts toxiques. Il espère une réponse d'ici deux mois. Le Conseil régional de Poitou-Charentes, sous la houlette de Ségolène Royal puis de Jean-François Macaire, n'a jamais demandé à en bénéficier.
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De son côté Ségolène Royal, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes de 2004 à 2014 jusqu'à son entrée au gouvernement, continue à nier en bloc l'existante d'emprunts à risques. "C'est de la diffamation", a-t-elle encore affirmé en début de mois sur France 2.
Mikaël Lozano