Jamais deux sans trois. Après les écologistes du Grand Lyon, puis (quelques mois plus tôt) les socialistes de la Gironde, c'est au tour des socialistes du conseil départemental de Haute-Garonne de lancer ce qu'ils appellent "un revenu de base" pour les jeunes. C'est en tout cas ce qu'a annoncé le président de ce département, Georges Méric, à l'occasion d'une conférence de presse, mardi 28 septembre.
"La situation des jeunes de moins de 25 ans, exclus du RSA et durement impactés par la crise sanitaire, est plus que préoccupante. Dans ce contexte, nous ne pouvons plus attendre après un gouvernement, qui se contente d'effets d'annonce. En Haute Garonne, nous voulons être le premier département à faire la démonstration qu'un revenu de base pour les jeunes est possible et souhaitable", justifie le patron du département, réélu facilement avant l'été.
Au premier abord, cette initiative s'apparente en effet à un passage en force de la part de la collectivité. Car, pour le moment, aucune loi d'expérimentation n'est à l'ordre du jour et ce (manque de) cadre juridique plonge l'avenir de cette initiative quelque peu dans le flou. Sauf pour le département de la Haute-Garonne a priori. Georges Méric projette un vote par l'assemblée de la collectivité en décembre, avant une instauration de ce revenu de base pour les jeunes en mars 2022.
"Il y a un risque juridique que nous assumons. Nous avons été élus pour agir, alors nous verrons bien ce que décide le préfet une fois que le rapport aura été voté par l'assemblée départementale (...) En Europe, seulement le Luxembourg et la France n'aident pas les jeunes, alors il ne faut pas s'étonner s'ils votent majoritairement pour le Rassemblement National", lance Arnaud Simion, le vice-président du conseil départemental de Haute-Garonne, en charge de l'action sociale de proximité.