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Politique - La Tribune Bordeaux

Bordeaux Métropole : le vote du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest passe au vert

Jean-Philippe Déjean

Publié le 24 novembre 2021 à 16:20 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 00:22

TGV

Le train à grande vitesse provoque des clivages en Nouvelle-Aquitaine.

Agence APPA

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Bordeaux Métropole devrait donner son feu vert au financement du GPSO ce jeudi 25 novembre. A moins qu'un improbable coup de théâtre de dernière minute ne vienne changer la donne. En négociant une nouvelle gouvernance avec son opposition de droite et du centre, le président socialiste de Bordeaux Métropole, Alain Anziani, a trouvé une solution pour sortir de l'impasse où l'avaient mis ses alliés écologistes. En revanche, pour les Départements de la Gironde et du Lot-et-Garonne, c'est toujours non à la LGV

[article mis à jour le 24/11/21 avec la réaction d'EELV]

La crise provoquée dans la gouvernance de Bordeaux Métropole, dont Alain Anziani est le président (PS), par la question de la participation de cette collectivité au financement du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) semble arriver à son terme. Ce mercredi matin, Patrick Bobet, le chef de file de Métropole Commune(s), qui fédère l'opposition du centre et de droite, n'a pas boudé son plaisir :

"J'ai une très bonne nouvelle. La prise d'otage de la Métropole est terminée ! Ce que nous appelions de nos vœux depuis seize mois est en train d'arriver. Bordeaux Métropole va se doter d'une gouvernance partagée. Onze maires d'opposition de notre sensibilité vont ainsi faire leur entrée au Bureau de la Métropole. Je vous le dis parce que c'est attesté par un courrier que le président nous a fait parvenir hier soir. Nous n'entrons pas dans l'exécutif, mais les maires d'opposition vont désormais pouvoir suivre les dossiers de plus près !"

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Cette ouverture du Bureau de la Métropole (où siègent le président et les 20 vice-présidents) aux onze maires d'opposition de Métropole Commune(s) est la contrepartie du vote des élus de droite et du centre en faveur du financement par la collectivité du GPSO défendu par Alain Anziani. Le président de Bordeaux Métropole, ce n'est un scoop pour personne, n'est pas d'accord à ce sujet avec son allié et 1e vice-président de la Métropole, le maire (EELV) de Bordeaux Pierre Hurmic, qui ne veut en aucun cas voir deux lignes à grande vitesse sortir de terre entre Bordeaux et Toulouse, et Bordeaux et Dax.

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Sur 34 élus, Métropole Commune(s) devrait amener 25 ou 26 voix pour donner l'avantage sur ce dossier au PS, qui de son côté aligne 30 élus sur un total de 104 à Bordeaux Métropole (dont 31 pour EELV, 4 pour LREM, 3 pour le PCF, 1 pour le NPA et 1 sans étiquette).

"Oui c'est vrai nous avons 8 ou 9 élus qui s'opposent au GPSO mais, grâce à nous, Anziani aura les voix qu'il faut pour voter le financement du GPSO. Il s'agit-là de la première défaite de Pierre Hurmic à la Métropole. Ce qu'Alain Anziani n'a pas accepté, c'est d'organiser un conseil de métropole par mois au lieu d'un tous les deux mois, comme c'est devenu le cas", a observé Patrick Bobet avec sérénité, même si le projet fracture son propre groupe.

L'EPL au centre des désaccords

Bordeaux Métropole devrait ainsi s'engager positivement lors du conseil de Métropole de ce jeudi 25 novembre et voter les 354 millions d'euros de crédits nécessaires au financement de la résorption du bouchon ferroviaire au sud de Bordeaux (AFSB). Ce qui correspond à sa part du contrat. Un investissement métropolitain auquel les élus écologistes d'EELV ne s'opposent pas, tant qu'il n'est pas lié à la construction des deux futures LGV.

Or, Alain Anziani veut que Bordeaux Métropole entre au conseil d'administration de l'établissement public local (EPL) qui va être chargé de lever chaque année les 24 millions d'euros de taxes destinés à alléger au final la facture du paiement des travaux. Le maire de Bordeaux ne l'accepte pas parce que, pour EELV, cet EPL est sans doute la première brique du futur chantier du GPSO.

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La formation écologiste a d'ailleurs tenu à réagir à en fin de journée à cette annonce d'une alliance métropolitaine entre le PS et Métropole Commune(s).

"Nous apprenons que certains élus de droite voteront en faveur du GPSO mais que ce vote n'est pas gratuit. Leur vote est acquis, est-il précisé, en échange d'une participation au bureau. Troquer son vote dans ce but relève chez ces élus d'une propension à la tambouille politique qu'on espérait révolue. Nous avons choisi, pour notre part, de ne pas brader nos convictions et restons attachés au succès du projet de mandature de la majorité métropolitaine avec un exécutif inchangé", ont ainsi réagit conjointement les élus EELV Pierre Hurmic, le maire écologiste de Bordeaux et 1et vice-président de Bordeaux Métropole, Laure Curvale et Clément Rossignol-Puech : deux autres conseillers métropolitains écologistes.

Alignement SNCF/Nouvelle-Aquitaine/Bordeaux Métropole

Ce vendredi 19 novembre Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, s'est rendu à Bordeaux où il a rencontré Alain Anziani et le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, pour évoquer la stratégie territoriale de la société nationale. Une occasion pour les trois présidents de réitérer leur soutien au GPSO, projet qu'ils jugent stratégique. Dans leur déclaration commune, ils relient notamment la réalisation des deux LGV à celles des deux RER métropolitains, à Bordeaux et Toulouse.

Une démarche à laquelle Carole Delga, président de la Région Occitanie, a naturellement tenue à être associée. Né à Bordeaux, Jean-Pierre Farrandou a été élève au lycée Montaigne avant de poursuivre ses études à l'Ecole nationale supérieure des Mines de Paris. Une proximité que les élus de Métropole Commune(s) aimeraient pouvoir transformer en atout pour mener à bien le GPSO.

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Le Département de la Gironde aussi s'oppose au GPSO

Malgré le très probable feu vert qui sera donné ce jeudi 25 novembre par Bordeaux Métropole au financement du GPSO, ce projet de construction de deux lignes à grande vitesse continue à avoir des opposants. Le président (PS) du Département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, partage l'analyse de Pierre Hurmic sur les trains du quotidien et s'est déclaré ce lundi 22 novembre totalement opposé au financement du GPSO. Démontrant ainsi à quel point ce dossier commence à fracturer les familles politiques.

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C'est ainsi que l'assemblée départementale de la Gironde, à laquelle était demandé une participation de 281 millions d'euros au titre du GPSO, a opté pour la création d'un fonds de concours d'un montant de 170 millions d'euros fléché sur le lancement d'un RER métropolitain ou girondin avec Bordeaux Métropole. Jean-Luc Gleyze a été clair, soulignant lui aussi son refus de voir le Département adhérer à l'EPL. "Le département souhaite porter son effort seulement sur les transports du quotidien", a-t-il souligné. Le président de la Gironde s'oppose à toute utilisation des 170 millions d'euros pour le GPSO et donc à la résorption du bouchon ferroviaire au sud de Bordeaux, qu'il considère comme composante de la LGV.

Parmi les autres collectivités opposées à ce financement du GPSO se trouvent notamment le Département (PS) de Lot-et-Garonne, l'agglomération d'Agen et les communes du Pays basque français.

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Jean-Philippe Déjean

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