Il y a comme un air saturé. Alors que Bordeaux Métropole doit annoncer en juin les modalités d'application de la zone à faibles émissions devant limiter la pollution atmosphérique issue des mobilités, les acteurs économiques se font entendre. Réunis par la CCI Bordeaux Gironde, ils plaident ainsi pour être « associés et pas seulement témoins » de l'arrivée de cette réglementation contraignante sur le territoire.
« Quand on regarde ce qu'il se passe au niveau français et européen, il y a un certain nombre de difficultés qui se posent. L'Allemagne fait marche arrière sur la mise en place des ZFE », pointe ainsi Patrick Seguin, président de la CCI Bordeaux Gironde. Dernière en date, celle de la métropole de Toulouse, lancée le 1er janvier, qui interdit la circulation intra-rocade aux véhicules particuliers des catégories Crit'air 4, 5 et non-classés, soit les plus polluants du parc automobile. À Bordeaux Métropole, ce même périmètre de réglementation sera effectif dès le 1er janvier 2024, pour une année test sans sanctions.
« L'impasse essentielle porte sur nos salariés. Malgré les aides qui existent, un employé ne pourra pas s'équiper d'une voiture électrique ou moins polluante pour venir travailler », conteste Stéphane Douance, président de l'Association régionale des industries alimentaires. Autre problème, la livraison des clients sur le périmètre intra-rocade. « On a des matières énergétiques, type hydrogène, qui doivent être acheminées sur les sites industriels de façon sécurisée », pointe Lionel Matias, son homologue de l'Union des industries et métiers de la métallurgie Gironde et Landes.