C'est un épisode de plus dans la vie parfois houleuse de la majorité à Bordeaux Métropole. Le président socialiste Alain Anziani et son allié et vice-président écologiste Pierre Hurmic ont, à nouveau, étalé leurs désaccords au grand jour lors du dernier conseil métropolitain : « Il y a des choix qui sont différents des miens sur beaucoup de sujets. J'ai beaucoup de respect pour le maire de Bordeaux [...] Mais on ne va pas cacher nos divergences, c'est un exercice de sincérité », a rappelé Alain Anziani, qui avait estimé la veille dans Sud Ouest à propos de Pierre Hurmic et de ses alliés écologistes que « l'idéologie ne suffit pas à faire une politique ». Ce dernier n'a pas caché son « émoi » tout en jugeant que « avoir chevillé au corps la défense du défit climatique n'est pas un choix idéologique, c'est un choix de vie, c'est une réponse vitale que nous devons apporter à nos concitoyens ».
Cet épisode sera bien vite oublié mais il traduit les tensions qui traversent les relations non seulement entre les deux hommes mais aussi entre les deux partis politiques, PS et Verts, à l'échelle de l'agglomération. Il y a trois ans jour pour jour, le 17 juillet 2020, le mandat avait débuté par la fin de la cogestion droite-gauche pour piloter la métropole entraînant une crise ouverte avec les maires de droite, qui avaient quitté la salle. Mais c'est bien au sein de la majorité que les fractures ont été les plus fortes avec des votes divergents sur le développement de la zone aéroportuaire, sur la navette aérienne Orly-Bordeaux, sur l'important soutien financier aux Girondins de Bordeaux, sur l'avenir du stade Matmut Atlantique ou encore sur l'hypothétique contournement autoroutier de Bordeaux.
Avec des amis pareils, pas besoin d'ennemis. Ou plutôt si. C'est d'ailleurs un nouveau désaccord de fond, sur le dossier sensible des lignes à grande vitesse vers Toulouse et Dax, qui va contraindre Alain Anziani fin 2021 à réintégrer les maires de droite au bureau de la Métropole. Une décision d'ouverture qui lui permettra finalement de faire voter le texte avec la droite et le centre et contre les écologistes. Mais si ces épisodes laissent évidemment des traces, ils n'ont pas empêché la majorité de s'accorder sur les documents stratégiques pour l'agglomération tels que le Plan climat, le Schéma de développement économique ou encore le Schéma des mobilités. De leurs côtés, les écologistes estiment avoir été entendus sur plusieurs dossiers dont le basculement en régie de l'eau début 2023, le soutien à l'économie sociale et solidaire ou encore la création d'une coopérative carbone.