Le développement de Bordeaux se raconte par le mythe de la Belle endormie. Un surnom apparu dans le dernier quart du 20e siècle pour désigner la politique devenue somnolente de son maire d'alors, Jacques Chaban-Delmas. L'abandon du projet de métro en 1994 consacrera l'idée d'un Port de la Lune dormant dans lequel son premier édile ne parvient plus à bâtir. Le réveil de la cité passera par le lancement d'une grande infrastructure par son successeur, qui constitue l'image de emblématique de Bordeaux encore aujourd'hui : le tramway.
Juppé c'est le tram et les quais, Chaban-Delmas le pont d'Aquitaine et Mériadeck. Puis à la Cité du vin et au pont Chaban-Delmas au nord de la ville, ont répondu la Méca et bientôt le pont Simone Veil au sud. Après 75 ans de règne de la droite, Pierre Hurmic, maire disruptif revendiqué, peut-il faire l'économie d'un grand projet qui marquerait sa rupture écologiste ? Dire que l'élu ne court pas après est un euphémisme. Celui qui a siégé durant 25 ans en tant qu'opposant au conseil municipal a, dès son élection en 2020, battu en brèche l'urbanisation galopante de la ville. Et ressert son discours anti-béton à l'envi dans une ville saturée par les grandes opérations d'aménagement lancées par son prédecesseur.