Emmanuel Antonot et Greg Sand : des cycles gagnants

Olivier Mirguet, à Strasbourg

Olivier Mirguet, à Strasbourg
C'est une rencontre fortuite, proposée par son expert-comptable, qui a permis à Emmanuel Antonot de faire la connaissance de Greg Sand.
Greg Sand, cofondateur et directeur général de l'entreprise, rêvait, lui, de poser ses valises dans les Vosges. Lassé par les déplacements lointains que lui imposait son employeur, une PME vosgienne spécialisée dans la confection de mobilier en bois, il a vendu sa maison et rassemblé ses économies pour pouvoir se lancer dans l'aventure.
Un technicien du cycle associé à un ingénieur commercial : en 2011, la composition du duo semblait parfaite. Mais le marché émergent du vélo à assistance électrique (VAE) n'était pas encore prêt à absorber des modèles premium assemblés à Golbey, en banlieue d'Épinal.
Les associés ont bricolé un prototype et réussi à convaincre l'industriel allemand Bosch de leur fournir 600 packs moteurs et batteries au lithium, payés cash. La mise de fonds initiale (100.000 euros de capital) était sévèrement entamée.
La suite a été une accélération fulgurante. Avec 1.300 unités écoulées en 2012, Moustache Bikes a roulé à l'équilibre dès la première année.
L'environnement vosgien est adapté : les bureaux de design sont à quelques centaines de mètres des sentiers et des forêts, où Emmanuel Antonot participe à la mise au point des nouveaux modèles.
Face aux multinationales (Giant, Merida, Accell, Dorel) qui dominent l'industrie du cycle, et dans ce segment de marché électrique où les importations de Chine représentent les deux tiers des ventes, le projet de cette PME n'aurait pas été viable sans une dose savante de marketing. Le nom Moustache Bikes fait référence au design des guidons qui équipaient les bicyclettes au début du XXe siècle. Dans la gamme actuelle, les modèles à vocation urbaine et au look rétro reprennent cette forme caractéristique et réputée confortable. L'association avec Philippe Starck, qui a dessiné plusieurs modèles de la gamme du constructeur vosgien, confirme l'attention portée au stylisme. Présentés en août dernier au salon Eurobike en Allemagne, les modèles 2017 proposeront une meilleure intégration esthétique de la batterie, désormais cachée dans le tube diagonal des cadres en carbone. L'aspect est plus sportif.
Avec 11.000 vélos produits en 2016, et 3.000 unités supplémentaires prévues en 2017, Moustache Bikes doit encore adapter ses structures à sa croissance. Les cadres sont fabriqués sur mesure à Taïwan, sur une chaîne partagée avec la marque américaine Cannondale. Les moteurs Bosch, auxquels l'entreprise vosgienne est restée fidèle depuis la première livraison, viennent d'Allemagne et l'assemblage (35 salariés) continue d'être assuré à Golbey. L'atelier, toujours établi dans l'ancienne usine textile, est passé à 2.000 mètres carrés.
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Arrivée à maturité, la gamme présente une quarantaine de modèles et une segmentation surabondante, où chaque jour de la semaine a une signification. Les vélos du « lundi », des modèles urbains qui représentent un tiers des ventes de la société, sont destinés à accompagner l'utilisateur au travail. Ceux du « samedi » sont orientés vers la compétition, le VTT d'enduro et toutes les pratiques sportives.
Le chiffre d'affaires (20 millions d'euros prévus en 2016) reflète la hausse des volumes et celle des prix de vente unitaires, jusqu'à 10.000 euros pour un modèle estampillé Starck.
D'où l'idée d'inviter le fonds d'investissement Initiative et Finance, actionnaire minoritaire depuis novembre 2015.
L'export représente déjà 40% des ventes. « En Allemagne et en Suisse, et jusqu'en Nouvelle-Zélande », précise Greg Sand.
« Notre objectif, c'est la création d'une entreprise solide et pérenne », annonce Matthieu Douchet.
Sur un marché où toutes les prévisions ont été dépassées, c'est déjà un pari gagnant.
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BIO D'EMMANUEL ANTONOT
BIO DE GREG SAND
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