Immobilier : regain d’attractivité pour les villes moyennes et les bassins ruraux bretons

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L'an passé, la crise sanitaire a perturbé le marché. Les volumes annuels de ventes entre 2019 et 2020 ont été en repli pour tous les types de biens. Mais les prix se sont envolés, portés par une augmentation de 10,5% sur les appartements anciens et de 8,6% pour les maisons anciennes.
L'an passé, la crise sanitaire a perturbé le marché. Les volumes annuels de ventes entre 2019 et 2020 ont été en repli pour tous les types de biens. Mais les prix se sont envolés, portés par une augmentation de 10,5% sur les appartements anciens et de 8,6% pour les maisons anciennes. (Crédits : Chambre régionale des notaires)
En Bretagne, les villes du littoral restent fortement attractives. Avec la crise du Covid et le développement du télétravail qui l'a accompagné, les villes moyennes et des bassins ruraux séduisent également. Au point, selon le bilan annuel des notaires bretons, de faire grimper les prix de vente des maisons anciennes dans certaines zones comme celles de Morlaix, Combourg ou Quimperlé. L'année 2021 devrait rester sur cette tendance avec moins de biens à vendre et des prix à la hausse. Cela fait réagir la liste écologiste aux Régionales qui défend un « statut de résident ».

Se mettre au vert, mais pas loin des commodités. Depuis le début de la crise sanitaire, le littoral breton conserve une forte attractivité, notamment auprès d'une clientèle extérieure à la région. Mais les villes moyennes, où les prix demeurent plus raisonnables, et dans une moindre mesure, les bassins ruraux connaissent aujourd'hui un regain d'attractivité.

Qu'ils soient locaux ou qu'ils viennent d'autres régions, y compris de l'Île-de-France, qui représente 9% de la clientèle dans l'ancien, les acquéreurs potentiels, parfois poussés par le télétravail, recherchent plutôt des biens anciens, des maisons avec jardin et la proximité avec les centres villes et les moyens de communication (transports et connexion Internet).

« L'immobilier reste une valeur refuge de l'investissement et le marché observe même un déficit de l'offre de biens mis en vente » fait valoir le bilan annuel 2020 des notaires bretons, dont le périmètre intègre la Loire-Atlantique (Bretagne historique).

Les prix grimpent à l'Est, le Finistère en très forte hausse

L'an passé, la crise a pourtant perturbé le marché. Les volumes annuels de ventes entre 2019 et 2020 ont été en repli pour tous les types de biens (ancien, neuf, terrain à bâtir) avec notamment une baisse de 7,1 % des appartements anciens et de 3,6 % pour les maisons anciennes.

Dans le même temps, les prix se sont envolés, portés par une augmentation de 10,5% des appartements anciens (2.730 euros du mètre carré) et de 8,6% des maisons anciennes dont le prix médian s'établit à 190.000 euros. La situation entre les départements de la Bretagne administrative montre cependant une forte disparité.

Le Finistère affiche la plus forte hausse du prix médian au mètre carré pour un appartement ancien : + 12,4% à 1.570 euros. L'augmentation s'élève à 15,1% à Brest pour un prix médian de 1.510 euros du mètre carré.

« En dehors du littoral, on n'a pas noté d'afflux des Franciliens qui représentent un acquéreur sur cinq » fait remarquer Damien Ruaud, président du Conseil régional des notaires.

En 2020, les prix sur le littoral Ouest Finistère ont enregistré une hausse de 17,2% (1.760 euros le mètre carré) tandis que ceux en Sud Finistère ont bondi de 12% à 2.390 euros le mètre carré.

La tendance observée est la même pour les appartements neufs : le Finistère a connu une flambée de 13,2% à 3.630 euros le mètre carré quand les autres départements n'ont pas dépassé 1,7% d'augmentation. Le Littoral Sud Finistère est même en pointe à + 9% (3.690 euros) devant le Pays malouin. A Saint-Malo, la barre des 10.000 euros du mètre carré est franchie pour une vue mer.

Maisons anciennes : + 16,1 % sur la Côte d'Émeraude

Tous départements confondus, la tendance sur un an confirme une augmentation significative du prix médian des maisons anciennes porté par une hausse de 9,6% en Morbihan (197.400 euros mais 363.000 à Vannes qui talonne Rennes) et de 8,1% en Ille-et-Vilaine (200.000 euros mais 420.000 euros à Rennes).  Dans ce département, l'accès facile au littoral reste un atout.

Le Pays malouin a enregistré une hausse de 10,8 % l'an passé (prix médian à 293.800 euros) mais l'ensemble de la Côte d'Émeraude a tiré profit de la demande, qui s'illustre notamment par une flambée des prix de 16,1% du côté des Côtes d'Armor (245.000 euros).

« Le littoral concentre des sites privilégiés par une clientèle extérieure, même en retrait de la mer. 15 à 20% des visites émanent de Franciliens. Leur budget est sensiblement supérieur à celui des locaux  » confirme Damien Ruaud. Du côté de Saint-Malo, le budget des acquéreurs de maisons anciennes s'établit ainsi à à 323.300 euros pour les Franciliens contre 270.000 pour les locaux.

« Aujourd'hui, le produit le plus recherché est la maison avec jardin à moins de 30 minutes d'une ville. Au-delà des première et deuxième couronne de Rennes et de Vannes, cela bénéficie aux agglomérations de Saint-Brieuc, Quimper ou Lorient où le prix médian ne dépasse pas les 200.000 euros. »

Villes moyennes et bassins ruraux tirent leur épingle du jeu

Dinan, Combourg, Montauban de Bretagne, Auray : les villes moyennes et les bassins ruraux sont aussi devenus plus attractifs. Si la hausse du prix de vente médian d'une maison ancienne oscille entre 6,1% et 10,7%, les tarifs restent plus raisonnables à 171.600 euros à Combourg et 185.000 euros à Dinan. La qualité de commutation fait partie des critères recherchés. Les communes rurales desservies par le TGV comme Morlaix sont plus demandées.

Au contraire, les zones rurales plus éloignées souffrent d'un réel déficit d'attractivité.

Pour 2021, les notaires se montrent plutôt optimistes. L'immobilier breton propose une offre diversifiée qui permet à différents profils d'acheteurs de trouver le bien qui peut convenir au budget et aux attentes. « Le premier confinement a servi d'accélérateur de prise de décision et a révélé des comportements nouveaux et durables. Le déficit des biens à vendre va se poursuivre, dans l'ancien mais aussi dans le neuf. La demande reste forte au premier trimestre 2021, les prix ne devraient donc pas baisser. On ne reviendra pas à la situation d'avant » relève Olivier Arens, président de la Chambre des notaires du Morbihan.

La liste écologiste en faveur d'un statut du résident

Les notaires bretons ont souhaité tempérer l'impact des acheteurs et investisseurs venus de départements extérieurs à la région, y compris franciliens, dans cette poussée de la demande et dans l'accroissement significatif des prix de l'immobilier. En 2020, la part des acheteurs bretons et franciliens n'a pas évolué.

Pourtant la thématique est entrée de plain-pied dans la campagne pour les Régionales. La liste écologiste Bretagne d'Avenir, emmenée par Claire Desmares-Poirrier, a annoncé que la première action de son mandat serait l'organisation d'une convention citoyenne sur le logement afin de soumettre au débat la proposition d'un statut de résident en Bretagne. Notant « les difficultés croissantes de l'accès au logement en Bretagne », la liste précise que ce statut « consisterait à réserver dans les parties du territoire breton les plus en tension, le droit d'acheter aux personnes résidant depuis un an au moins sur le territoire, de manière à lutter contre la spéculation et à faire progressivement baisser les taux de résidences secondaires. »

Avec cette mesure, Bretagne d'Avenir entend agir en faveur de l'équilibre des territoires et préserver la vitalité des petites communes. Elle se défend toutefois de vouloir fermer la porte à ceux qui veulent s'installer ou revenir vivre en Bretagne.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2021 à 17:41 :
Dans mon trou perdu, sud-sarthe, ravitaillé par les corbeaux comme on dit, un désert il y a 30 ans tout a été vendu même l'invendable, des trucs depuis 10/20/30 ans vides, le covid a fait le plein.

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