« La crise sanitaire a généré une réflexion existentielle sur les façons de vivre. Et sur les opportunités qui s'ouvraient pour être moins vulnérables en termes de santé, de bien-être, économique et patrimonial. Avec les phénomènes du télétravail ou d'activité liée à la nouvelle économie et la capacité à travailler à distance, la question de la connexion internet, de la présence de la fibre ou non, est d'ailleurs l'une des premières questions posées lors d'un achat », justifie Hervé de Maleissye, directeur général du cabinet immobilier Le Nail, à Laval, spécialisé depuis cinquante ans dans la vente de châteaux. qui a constaté un croissance des acquisitions de 40% en 2020 et de 20% au cours du premier trimestre 2021. Un boom ?
« C'est dû à la conjonction d'un certain nombre de phénomènes. Pour les gens, le premier confinement a été vécu comme un détonateur. Finalement quand vous habitez une ville, aussi belle soit-elle, mais que les restaurants, les cinémas, les théâtres sont fermés, quel est l'intérêt d'habiter en ville ? », observe le spécialiste de ce micro marché de 40.000 bâtiments, dont 1.500 seraient en vente chaque année.
« Comme le nombre de Ferrari en circulation, c'est dérisoire, mais c'est emblématique en termes de vente. Sur notre marché, nous n'avons pas que des châteaux, il y a aussi des manoirs, des petites propriétés, des gentilhommières, etc », ajoute-t-il.
Et il y en a quasiment pour toutes les bourses. A l'exception, du château le plus cher vendu pour 2,4 millions d'euros et du moins cher, pour une demeure du XIXème, insalubre et à restaurer, cédée pour 250.000 euros, la fourchette de prix des biens vendus par le cabinet Le Nail variait, l'an dernier, de 300.000 euros à 1,2 million d'euros. Des différences liées à la situation géographique, la qualité architecturale et la proximité d'une autoroute, d'une gare TGV et de l'offre écolière qui peuvent grimper à plusieurs millions d'euros.