Les Pêcheurs de Bretagne (LPDB) publient un panorama chiffré pour mettre en lumière la diversité des navires qui pratiquent le chalutage de fond, le poids économique de cet « art traînant » et les conséquences qu’aurait son interdiction sur l’ensemble de la filière. Rapportant 141 millions d’euros de chiffre d’affaires, le chalut de fond ne relève pas de la « pêche industrielle », défend l’organisation.Dans le secteur de la pêche, les crises se succèdent et la filière toute entière se déclare en souffrance. Depuis la crise de la Covid-19, la perte de licences dans les eaux britanniques résultant du Brexit, puis le plan de sortie de flotte et la destruction d'une partie des navires hauturiers (haute mer), les pêcheurs - bretons, normands ou de Nouvelle-Aquitaine - ont aussi en mémoire la fermeture du Golfe de Gascogne pendant un mois en début de cette année.
Sans oublier les multiples discussions avec le gouvernement (percutées par les législatives) sur le possible renouvellement des aides au carburant après le mois de juin, ou encore de la perspective redoutée de l'interdiction des différents engins de pêche dans de nouvelles aires marines protégées belges (après celles des eaux britanniques).
Déconstruire les idées reçues
Le sujet d'une interdiction du chalutage de fond dans les aires marines protégées, soit 12% des eaux de l'Union européenne, inquiètent globalement la filière de la pêche alors que la Commission avait décidé en février 2023 de l'appliquer d'ici à 2030. En janvier dernier, le Parlement et les eurodéputés se sont rangés du côté des pêcheurs en rejetant cette proposition, au grand soulagement du gouvernement français qui s'est aussi prononcé contre. Pour combien de temps? Le dossier n'est pas clos : en avril, la Grèce est devenue le premier pays européen à bannir le chalutage de fond dans ses aires marines protégées.
Face aux enjeux de pérennité des métiers, les sujets de la décarbonation et de la protection des écosystèmes semblent presque accessoires aux yeux de la filière. Alors que s'ouvrent Les Assises de la pêche et des produits de la mer, qui se tiennent à Lorient jusqu'à vendredi sous l'impulsion des journaux Ouest-France et Le Marin, Les Pêcheurs de Bretagne (LPDB), plus importante organisation de producteurs en France, veulent surtout déconstruire les idées reçues sur le chalutage, chiffres en main.