Dans l’atelier tourangeau de nos intérieurs
Guillaume Fischer
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Atelier d’Offard, à Tours.
© JULIE LIMONT
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Atelier d’Offard, à Tours.
© JULIE LIMONT
François-Xavier Richard, barbe rousse et pantalon de peintre taché, est très affairé en ce lundi 22 janvier. Le patron de l'Atelier d'Offard doit faire partir un lot de rouleaux de papier peint gaufré couleur chocolat, destiné au musée théâtral Bakhrouchine à Moscou. « Avec les mesures restrictives prises par l'Union européenne contre la Russie depuis le conflit contre l'Ukraine, le passage de la frontière devient un exercice très compliqué, même pour la bonne cause, souffle le quinquagénaire. À l'aller, on a travaillé sur de simples échantillons sur photos. Au retour, il va falloir faire appel à des intermédiaires. »
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La géopolitique s'immisce partout, même au sein de l'une des dernières manufactures de papier peint réalisé à la main en Europe. Installée dans une arrière-cour discrète dans le quartier nord de Tours, elle est plus habituée à appliquer de grandes planches gravées sur des lés de papier qu'à manier les subtilités de la logistique en temps de guerre. La dizaine d'artisans de l'Atelier d'Offard est en ce moment également à pied d'œuvre sur un chantier moins lointain et incertain. Il s'agit de la maison de Tante Léonie à Illiers-Combray, fermée depuis 2020 et dont la réouverture est prévue en mai prochain. En cours de rénovation par le département d'Eure-et-Loir, qui va en faire un musée permanent, les pièces de cette bâtisse datant de 1850 seront bientôt retapissées avec des papiers peints reproduits à l'identique. « On a cherché les décors d'origine dans les moindres recoins, sous le plâtre, derrière les miroirs ou les anciennes barrettes électriques, assure le chef d'entreprise. L'objectif est de se rapprocher au maximum des décors d'époque, pour que la plongée dans le passé soit complète. » Il est comme ça, François-Xavier Richard : sous ses airs débonnaires, l'artiste cache un caractère exigeant à l'extrême vis-à-vis de la qualité des papiers qui sortent de son atelier.
Guillaume Fischer