REGIONALES. Christophe Arend, député (LREM) de Moselle et président du bureau de l'Assemblée parlementaire franco-allemande, a adopté pendant la crise sanitaire la position du porte-parole des citoyens en zone frontalière. Candidat aux élections régionales dans le Grand-Est sur la liste de Brigitte Klinkert (Majorité présidentielle), il propose de simplifier la coexistence avec l'Allemagne dans son bassin de vie sujet, selon lui, à des contradictions qui affaiblissent l'idée d'une Europe unie.
LA TRIBUNE - Le passage de la frontière entre la Moselle et l'Allemagne a été contraint, voire bloqué à plusieurs reprises au cours de la crise sanitaire. Comment est-on parvenu à une telle situation ?
CHRISTOPHE AREND - En mars 2020, l'Allemagne a fermé 33 points de passage vers la Moselle, sur une frontière qui en compte 35. Cette décision unilatérale a prolongé les trajets pour tout le monde, notamment pour les travailleurs frontaliers.La Moselle en compte 16.000 vers la Sarre et 4.000 vers la Rhénanie-Palatinat. Dans la circonscription de Forbach, 2.000 enfants sont scolarisés dans plus de 50 établissements en Allemagne. Nous formons un bassin de vie dans lequel, du jour au lendemain, les habitants ont vu réapparaître des frontières intérieures. On sait pourtant qu'une frontière, quelle qu'elle soit, ne peut pas arrêter un virus.
Depuis la France, on a pu voir dans cette décision allemande l'expression d'un manque de confiance. La réalité est plus complexe. Les Allemands ont appliqué en zone frontalière des méthodes de calcul qui étaient faussées. Le Robert Koch Institut (RKI) n'utilise pas, pour mesurer le taux d'incidence du Covid, la même méthode de calcul que les Français. L'Allemagne tient compte uniquement des tests PCR réalisés. En France, la base d'analyse est plus objective parce qu'elle tient compte des tests PCR et des tests antigéniques. Nous avons encore besoin d'harmonisation.
Au mois de mars cette année, lors de l'apparition des premiers variants en Moselle, les travailleurs frontaliers qui se rendaient en Allemagne se sont vus imposer un test tous les deux jours. Ne pouvait-on pas empêcher cela ?
En Moselle-Est, nous avons travaillé de concert avec les autorités sarroises quand nous avons été déclarés territoire à variant. Tout le monde a pu passer la frontière, moyennant un test tous les deux jours et une déclaration hebdomadaire. Nous avons donc limité la contrainte locale par rapport à la règle nationale allemande, qui s'appliquait par exemple entre la Bavière et la République Tchèque, où les travailleurs frontaliers n'ont pu passer que moyennant un test quotidien et une déclaration d'entrée quotidienne.
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