Fondée en 2011, la startup, à la recherche de 12 millions d'euros, a finalement cessé d'exister en août dernier. Un exemple emblématique des difficultés de financement actuelles de la Tech. Retour sur ce qui aurait pu être une success-story à la française.« Quand on me demande ce que je cherche, je réponds que je recherche de l'argent », avait coutume d'expliquer Séverine Sigrist. La présidente de Defymed s'est trouvée contrainte de jeter l'éponge en août cette année, faute d'avoir trouvé 12 millions d'euros nécessaires au développement de Defymed. Sa start-up fondée en 2011 avait mis au point un pancréas bioartificiel. Cette poche en polymère implantée sous la surface de l'abdomen, contenant des cellules productrices d'insuline, promettait une meilleure qualité de vie aux patients diabétiques.
À
la tête d'une équipe de chercheurs et 14 salariés, Séverine Sigrist n'a jamais réussi à financer les essais cliniques. Le redressement judiciaire ouvert le 6 juillet par le tribunal judiciaire de Strasbourg a été converti un mois plus tard en liquidation. L'étude clinique sur huit patients était pourtant programmée à court terme à Strasbourg. «
Nos partenaires financiers avaient besoin de résultats de sécurité et de performance précoces. On ne pouvait pas vendre l'entreprise parce qu'on n'avait pas les patients. Personne n'a voulu financer cette phase qui était pourtant moins risquée que les étapes précédentes de notre développement », regrette Séverine Sigrist.
Le risque des études cliniques
Auteure d'une thèse sur la thérapie cellulaire de l'amyotrophie spinale infantile, cette chercheuse en biologie a créé Defymed après un début de carrière au Centre européen du diabète (CEED), à Strasbourg. La promesse alléchante d'un pancréas artificiel, qui aurait permis aux patients de s'affranchir de la désagréable pompe à insuline, s'est très vite concrétisée. Le dispositif implantable a été présenté dès 2015 et les levées de fonds se sont succédées. 5 millions d'euros au total apportés par le CEED et par deux investisseurs régionaux, Cap Innov'Est et le Fonds Lorrain des Matériaux.