REPORTAGE. Le port de Calais est en ébullition après que le gouvernement de Boris Johnson a décidé de placer en quarantaine toute personne arrivant de France. Si le grand rush se fait encore attendre, l’afflux des vacanciers britanniques précipitant leur retour ne cesse de s’intensifier.
«
On a annulé nos vacances et on rentre à la maison ! » Au port de Calais, les files de véhicules commençaient à gonfler vendredi après la décision du gouvernement britannique d'imposer une quarantaine, liée à l'épidémie de Covid-19, à toute personne venant de France.
En début d'après-midi, le trafic s'était certes densifié dans le premier port français pour le trafic passagers, sans pour autant déborder sur la rocade portuaire ni provoquer de bouchon sur les autoroutes aux alentours.
« Nous nous attendons à beaucoup de retours au cours des prochaines heures, de nombreux Britanniques qui ne devaient rentrer que lundi ou mardi ayant décidé de rentrer précipitamment pour ne pas avoir de souci avec leur employeur », dit Jean-Marc Puissesseau, le président du port.
Pas de vente au guichet
Ici et là, des passagers piétons, sac à dos sur les épaules, se voient contraints de rebrousser chemin : depuis la crise sanitaire, les compagnies ne leur vendent plus de ticket, mais ils ont tenté leur chance.
« C'est un peu comme si on recommençait l'opération dynamo de mai 1940 avec notre retour précipité at home... », sourit avec flegme Ken, voyageur londonien qui se présente au volant de sa voiture avec sa femme et ses trois enfants, billets en main pour embarquer à bord d'un ferry de la compagnie DFDS. « On avait prévu de rentrer avant le rush du 15 août... On ne le regrette pas », ironise-t-il, conscient d'être passé entre les gouttes.
Paul Trower, retraité britannique, a pu trouver son sésame : « quand je me suis levé ce matin vers 6 heures, j'ai regardé mon téléphone et tout le monde m'écrivait que nous allions être en quarantaine, donc on a réservé un ferry, annulé nos vacances et on rentre à la maison pour éviter cela, parce que ma femme travaille et que je dois m'occuper de ma petite-fille. »
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Fermées en raison de l'épidémie, les salles d'embarquement des compagnies ont rouvert exceptionnellement. Pas pour la vente aux guichets : seules les réservations par internet fonctionnent. Mais pour informer les passagers et gérer les flux, une tâche assurée par le personnel du port, chasuble orange sur le dos, alors que les compagnies ont augmenté les capacités de 500 à 750 passagers par ferry.
Bernard Barron, avec Guillaume Bonnet et Viken Kantarci AFP