Bien positionnés géographiquement, dotés d'un bon maillage industriel et agricole, les Hauts-de-France attirent depuis longtemps les investissements étrangers. Si la région a, dans ce domaine, mieux résisté à la crise, c'est parce qu'elle sait convaincre et accompagner. Même s'il lui reste encore quelques progrès à faire.« Le choix de Lille n'était pas évident, vu de Russie », admet Anthony Despres, directeur général Europe de Brandquad. La société russe de data management, arrivée fin 2019, propose de réduire les délais de mise en vente des marchandises, en magasin ou en ligne. « Nous avons pris en compte l'expertise historique du retail dans la région, le vivier de talents et d'écoles spécialisées, le niveau d'anglais et aussi le coût de la qualité de vie comparé avec Paris, Amsterdam et Dublin ».
Autre avantage qui a pesé dans la balance : les actionnaires connaissaient Lille et étaient francophiles. « Nous avons donc choisi la capitale des Flandres même si nous réalisons aujourd'hui 80% de notre chiffre d'affaires en dehors de France ». c'est un fait : l'attractivité de la région a toujours été forte.
La région Hauts-de-France compte aujourd'hui 1.857 établissements à capitaux étrangers employant 141.000 salariés, soit 10% des effectifs régionaux. En 2015, rien que le périmètre Nord-Pas-de-Calais dénombrait déjà 1.500 établissements employant plus de 90.000 salariés. Avec une nette spécialisation logistique et production, notamment agroalimentaire. La CCI Hauts-de-France a recensé dans la presse 36 annonces d'implantations, rien que pour l'année 2020. 60 projets ont été annoncés dans la presse, dont 35 dans le cadre du Plan de relance.
Efficacité de Nord France Invest
Il faut dire que l'agence de promotion économique Nord France Invest (NFI) a pris la question de la prospection internationale à bras le corps, en affichant localement de meilleures performances que l'organisme national AFFI (Agence française pour les investissements internationaux) créée en 2001. Le dernier bilan de NFI en date, portant sur l'année 2020, a recensé 126 projets d'implantations internationales dans les Hauts-de-France pour 4.746 emplois créés ou sauvegardés. Ce qui la classe, si l'on prend en compte seulement les emplois créés ou maintenus, deuxième région de France derrière l'Ile-de-France, talonnée par l'Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est.
Gaëtane Deljurie, à Lille