Le sujet épineux du logement en Île-de-France

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(Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Tous les candidats aux élections régionales avancent la nécessité de construire partout en Île-de-France pour endiguer la pénurie d’offre de logements. Mais les deux principaux, Valérie Pécresse et Claude Bartolone, s’opposent sur le logement social.

Si l'État, les communes et les intercommunalités possèdent les principales compétences en matière de logement, le conseil régional a aussi son mot à dire. Son rôle a même été récemment renforcé dans la loi NOTRe, qui lui donne « la compétence pour promouvoir [...] le soutien à l'accès au logement et à l'amélioration de l'habitat ». La Région peut donc concrètement venir en appui financier des communes - d'autant plus que celles-ci connaissent en ce moment des difficultés financières - et participer à l'organisation d'un cadre réglementaire favorable à la production de logements.

Sur le sujet de l'immobilier, les programmes divergent

Les promesses des différents candidats en matière de logement pour les élections régionales en Île-de-France sont donc à prendre en considération, même si la Région y consacre seulement 163 millions d'euros par an sur un budget de 4,9 milliards d'euros. Mais dans la région-capitale, un appartement s'achète en moyenne à 5. 220 euros du mètre carré selon le site Notaires Paris-Île-de-France, soit près de deux fois plus cher que dans les autres grandes métropoles françaises ! De quoi faire fuir les ménages franciliens vers des contrées plus accueillantes.

Les deux principaux candidats à la présidence de la Région en sont pleinement conscients et ont élaboré plusieurs propositions, parfois convergentes. Tous deux avancent par exemple la nécessité de construire partout pour endiguer la pénurie d'offre de logements en Île-de-France. L'État a d'ailleurs fixé comme objectif de construire 70. 000 logements par an dans la région, ce qui équivaut à accroître la production annuelle de 50 %. Il faut dire que la population francilienne devrait augmenter de 750. 000 personnes entre 2007 et 2025, puis de 450 .000 entre 2025 et 2040. Conséquence très concrète : certains spécialistes avancent que, si rien n'est fait, il manquera 1,2 million de logements dès 2030. Ainsi, des sujets comme la mobilisation du foncier, la limitation de l'étalement urbain ou le soutien à l'accession à la propriété font consensus chez les deux principaux candidats à la présidence de la Région.

« Obligation de construire des logements sociaux »

Mais il y a aussi des sujets de friction entre Valérie Pécresse (LR-UDI-MoDem) et Claude Bartolone (PS), qui concernent principalement la vision sociale du logement. Ainsi, Valérie Pécresse veut réorienter les financements de la Région des plus démunis vers les classes moyennes. Elle souhaite notamment casser les ghettos par une solution propre à la droite : si elle est élue, la Région ne cofinancera plus la construction de logements très sociaux dans les villes qui en comptent plus de 30 %. À l'inverse, Claude Bartolone assure pour sa part qu'il coupera, s'il l'emporte, les subventions régionales aux mairies qui ne « se conformeront pas à leur obligation de construire des logements sociaux ».

Ce débat s'inscrit dans un contexte médiatique tendu, puisqu'il y a quelques semaines, le ministre de la Ville (PS) Patrick Kanner a rendu visite à la maire LR d'Ormesson-sur-Marne (Val-de-Marne), afin de dénoncer la part ridicule de 1,7 % de logements sociaux que compte la ville, pour rappeler aux maires leurs obligations en la matière.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2015 à 21:27 :
Les logements en IDF c'est bien gentil mais ces nouveaux habitants vont devoir emprunter les réseaux routiers et/ou de transport en commun déjà surpeuplés sans parler de la pollution engendrée, la vie devient infernale pour les habitants alors que les villes moyennes de province se désertifient : Arrêtez de construire et décentralisez !
a écrit le 23/11/2015 à 14:42 :
Vous avez une ville comme Argenteuil en 95,qui par SNCF est à moins de 15 minutes de paris StLazare,ou de 30/40 minutes by bus ou tramm de La Defense,qui est truffée de friches immobilières ou industrielles comme
Délégation Renault à l'abandon depuis 2 ans
Usine Sagem, qui va s'expatrier à Cergy en 2016
Des rues en centre ville,ou artères ,qui sont dotées d'un immobilier du siècle 19!!!
Et rien ne bouge,grâce à l'obstruction d'un maire LR qui de remaniement du PLU en remaniement .,paralyse les actions des constructeurs et promoteurs.
En plus Il joue avec la communaute de commune,l'ANRU,l'OIN,et emmêle,embrouille tellement la situation,qu'un Préfet ne se retrouve plus dans ces pataquès!!!

Alors Oui,des solutions simples,pratiques pour les salariés pourraient se faire jour,mais quand la politique s'en mele,Rien ne va plus!!!
a écrit le 23/11/2015 à 12:36 :
Arrêtons la concentration urbaine dans Paris. Décentralisons dans tous le pays les grande administrations. Ceci aura pour objectif amélioration du bilan carbone des salariés, une diminution des frais immobiliers. Évidement nos haut fonctionnaires bobo, atterrirais en province et alors!!!! Concernant notre ministre de la ville, qui fait des leçons de morale. Pourquoi ne fait il pas le ménage dans l'occupation de logement sociaux. En effet virez sur Paris, les copains, les passe droit, ceux qui en on profitez pour acheter une résidence secondaire ( j'en connais, ceux qui on des revenues supérieur aux droits d'occupation. A et puis arrêtons de loger les demandeurs d'asile- économique, résident européen aux frais du contribuables. Je pense que cela devrait libéré quelques appartements.
a écrit le 23/11/2015 à 10:41 :
"nécessité!!!....devrait augmenté !!!etc..." Décidément nos grands décideurs ne sont pas des visionnaires , en effet pourquoi une telle concentration de population sur la région parisienne à l'heure d'internet , de l'économie digitale ?
Pourquoi ne pas imaginer le développement des métropoles régionales avec les villes moyennes satellites ?
Quel intérêt des concentrer 180.000 personnes à la Défense , de leur imposer 2 heures de transport par jour pour venir se coller devant un écran se qu'elle pourraient faire de leur domicile ?
a écrit le 23/11/2015 à 9:00 :
LA solution serait plutot d inciter les entreprises et l etat a quitter la region parisienne -> moins de demande = baisse des prix. Autre possibilite, arretre de subventionner l immobilier (PTZ et co) afin que le prix corresponde aux ressources des acheteurs. Mais la il s agit de mesures a prendre au niveau de l etat (et qui ne seront jamais prises car ca heurte les interets des promoteurs+BTP (financier de nos politiciens) et des baby boomers (electorat majeur)
Réponse de le 23/11/2015 à 11:55 :
Les prix correspondent au budget des acheteurs. Le nombre de transactions dans l'ancien va dépasser les 750 000 dans l'ancien cette année et 150 000 pour le neuf. Il ne s'agit pas de crédits renégociés mais bel et bien de foncier qui a trouvé acquéreur et changé de mains. Donc avec des volumes de ventes qui se rapprochent des plus hauts il faut arrêter de dire que le marché est bloqué. Les vendeurs vendent et les acheteurs achètent (chiffres notariaux).

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