Régionales Île-de-France : la qualité de l'air au centre des préoccupations

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Quelles sont les propositions des candidats à la présidence de la région pour améliorer la qualité de l'air des franciliens ?
Quelles sont les propositions des candidats à la présidence de la région pour améliorer la qualité de l'air des franciliens ? (Crédits : Reuters)
Pour améliorer la qualité de l'air en Île-de-France, Claude Bartolone, Valérie Pécresse et les Verts s'affrontent sur des sujets tels que le diesel, la fluidification des axes routiers et l'aménagement des espaces urbains.

La pollution de l'air est la première préoccupation environnementale des franciliens, devant le réchauffement climatique, si l'on en croit les sondages de l'association de la qualité de l'air en Île-de-France, Parif.  Plus de 2,3 millions d'habitants en Île-de-France subissent, il faut dire, un niveau de pollution supérieur aux normes actuellement en vigueur. Les ménages les plus touchés étant ceux qui vivent à proximité des axes routiers les plus pollués, avec les dégâts sur la santé que l'on peut imaginer.

Hidalgo vient soutenir Bartolone

Conscient des enjeux majeurs sur ce sujet très concernant pour les futurs électeurs, les principaux candidats aux élections régionales en Île-de-France s'affrontent à coup de propositions. Et lorsque la droite joue la carte des habitués de la voiture vivant en grande couronne, un territoire qui pourrait lui permettre de remporter les élections, la gauche compte pour sa part réduire les espaces dédiés aux automobilistes et inciter à prendre davantage les transports en commun. Des propositions plus en ligne avec les préoccupations des habitants de Paris et de la petite couronne, où la gauche compte quelques fiefs.

Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si la maire de Paris Anne Hidalgo est venue en personne mardi soir à la Bellevilloise, dans le 20ème arrondissement parisien, appuyer la candidature de Claude Bartolone (PS), lors d'une soirée organisée par le PS sur le thème de la qualité de l'air. Anne Hidalgo assure notamment vouloir éradiquer le diesel dans la capitale d'ici à 2020 et piétonniser les berges de Seine de la rive droite. Autant de mesure, dit-elle, qui « pourraient être remises en cause » si la droite prenait la région. « Si l'on n'agit pas pour réduire le trafic automobile, notamment des voitures les plus polluantes, nous n'arriverons pas à améliorer la qualité de l'air des franciliens », a expliqué la maire de Paris, qui accuse par ailleurs la droite de ne jamais avoir assumé « la question de la réduction de la pollution comme une question de santé publique ! ».

Les verts proposent un plan de 3 milliards d'euros

Pour sa part, Claude Bartolone, crédité de 23 % dans le dernier sondage BVA au premier tour des élections, emboîte le pas de la maire de Paris. Sa philosophie est claire : réduire le trafic routier auquel « plus du quart des émanations des particules fines qui pénètrent les voies respiratoires est imputable », explique-t-il. Les mesures immédiates qu'il propose concernent la suppression progressive du diesel d'ici à 2025 - également proposée par la candidate EELV, Emmanuelle Cosse -, ainsi que « la conversion du parc automobile grâce à des compensations et des incitations financières, encouragement de l'usage du vélo, du covoiturage et de l'auto-partage... », explique celui qui est encore président de l'Assemblée nationale.

La liste PS devra, du reste, faire avec la liste EELV (8 % dans les sondages) si elle veut battre la droite. Emmanuelle Cosse propose notamment un plan de 3 milliards d'euros sur la mandature de lutte contre la pollution de l'air, dont les modalités de financement restent très contestées par la droite. Ce plan inclut notamment des aides aux ménages pour changer leur véhicule polluant, l'éradication du diesel de la flotte de bus des transports en commun d'ici 2021, et un an de passe Navigo gratuit pour les habitants qui abandonnent leur voiture.

Lutte contre les embouteillages

A droite en revanche, on dénonce une politique pro-parisienne de la gauche, au détriment des habitants de la grande couronne qui sont contraints de prendre leur voiture pour aller travailler dans Paris. Soutenu par l'UDI de Chantal Jouanno, la liste conduite par Valérie Pécresse (LR) - qui est crédité de 35 % dans les sondages au premier tour, et gagnante au second - veut lutter contre « les embouteillages », « un mot tabou pour la gauche », assure-t-elle. « Les mesures anti-voitures conduites sous l'impulsion des Verts à Paris et au conseil régional d'Île-de-France ont eu pour conséquence la montée en flèche des embouteillages dans la région », dénonce l'ancienne ministre du Budget.

Valérie Pécresse propose donc de relancer « les investissements routiers pour fluidifier le trafic ». Pas de sortie du diesel dans son programme, mais un plan de partenariat avec les maires pour les inciter à transformer leurs flottes en véhicules électriques.

Élu de la grande couronne, Nicolas Dupont-Aignan, qui mène la liste Debout La France (8 % dans les sondages), prend également le parti des automobilistes éloignés du centre de la région. « Pour les automobilistes, nous souhaitons obtenir une meilleure fluidité routière en Ile-de-France avec la gratuité des autoroutes qui contournent la Région, la relance des aménagements Routiers et le rétablissement d'agents de circulation », explique le maire de Yerres, dans l'Essonne.

Inutile chasse aux automobilistes

Enfin le Front national mené par Wallerand de Saint-Just - 17 % au premier tour dans les sondages et 20 % au second- dont on dit qu'il fera un score très élevé dans les communes rurales de l'Île-de-France, se montre plus virulent. Il dénonce « l'inutile chasse aux automobilistes » de la gauche. Même s'il prône d'installer « sur les diesels anciens des systèmes d'aspiration près des disques de freins afin de récupérer les particules émises au freinage », dont on sait qu'elles ont une part de responsabilité dans les problèmes respiratoires liés à la pollution.

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Commentaires
a écrit le 03/11/2015 à 18:03 :
"relancer « les investissements routiers pour fluidifier le trafic "
Cette proposition ne va t-elle pas conduire à augmenter en voies certaines autoroutes urbaines vers Paris pour éviter les embouteillages. Plus de routes = encore plus de voitures. Pas très raisonnable.
Ne vaudrait-il pas mieux de faire un audit des lieux embouteillés et prendre des mesures correctives adéquates permettant de mieux gérer les flux.
Et pourquoi pas un site internet .gouv pour dénoncer les aberrations routières, ça pourrait aider les décideurs.

Il reste encore un point sensible et très polluant qui n'est pas suffisamment abordé : celui concernant les avions qui volent dans le ciel francilien.

A suivre et au plaisir de lire l'article sur les transports en commun.
a écrit le 03/11/2015 à 10:23 :
La plantation de plus de feuillages persistant serait judicieuse. Ce serait une contribution, non une solution. Il faut encore encourager l'isolation et les transports en commun y compris en banlieue.
a écrit le 03/11/2015 à 8:06 :
Mais bien sur, les franciliens le disent tous les jours, c'est la qualité de l'air qui est leur principale préoccupation. Ce sont déjà eux qui vient déjà le plus longtemps parmi les Français mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? On nous pompe l'air avec ces histoires de pollution : qui s'intéresse à la qualité de l'air dans les appartements et maisons, ou dans les tunnels du métro que ceux qui ont des chauffeurs nous recommandent d'utiliser, alors qu'elle y est autrement plus dégradée que dans les rues ? Enfumage...

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