Qualité de l'air en Ile-de-France : bientôt une restriction de circulation jusqu'à l'A86 ?

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Des progrès (encore insuffisants) constatés dans la qualité de l'air francilien en 2017.
Des progrès (encore insuffisants) constatés dans la qualité de l'air francilien en 2017. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
Selon l'association francilienne de surveillance de la qualité de l'air, l'année dernière confirme « une tendance générale constante à l'amélioration » dans la région, tout en jugeant cette « diminution insuffisante ». La ville de Paris s'est félicitée de cette « bonne nouvelle pour la santé des Parisiens et des Franciliens ».

Le dioxyde d'azote, les particules PM10 et PM2,5, l'ozone ainsi que le benzène, « dépassent toujours les normes » à Paris et en Ile-de-France, mais 2017 est « similaire » à 2016 avec une « légère amélioration ». C'est la conclusion du dernier rapport publié par Airparif, qui surveille la qualité de l'air de la région francilienne.
C'est le long des axes routiers que les habitants souffrent les plus de ces nuisances : 1,3 million d'entre eux, contre 1,4 en 2015, restent « toujours exposés à des niveaux de dioxyde d'azote au-delà » des valeurs limites. La mauvaise presse dont souffre le diesel et la montée en puissance prévue de la mobilité hybride et électrique, en attendant l'hydrogène, confirmeront sans aucun doute cette baisse dans les années à venir.
Pour l'heure, 100.000 personnes sont victimes des particules PM10, au diamètre inférieur à dix micromètres, qui pénètrent dans l'appareil respiratoire. Quant aux PM2,5, à l'ozone et au benzène, susceptibles de se loger dans les alvéoles des voies respiratoires, elles « respectent les valeurs limites mais pas les objectifs de qualité ».

« Du fait de ces dépassements, la France est en procédure de contentieux avec la Commission européenne pour non-respect des directives sur la qualité de l'air pour ces deux polluants », rappelle AirParif.

Vers l'extension de la zone à basses émissions ?

Plus grave encore, un établissement recevant du public (ERP) sur quatre est « soumis à des dépassements de la valeur limite ». L'association recommande donc « la mise en place d'une zone de basses émissions dans Paris » interdisant aux véhicules Crit'Air 3 jusqu'aux non-classés de circuler. Pas de quoi réjouir les propriétaires de véhicules quelque peu âgés déjà en butte à la fermeture des voies sur berge pour venir travailler dans la capitale... Mais Airparif estime que cela permettra d'« accélérer le renouvellement du parc roulant par des véhicules récents ».

Selon ses projections d'Airparif, si la zone restreinte se limite à Paris, en 2019 c'est 1 établissement sur 20 (4 %) qui sera soumis à des dépassements pour le dioxyde d'azote, contre 1 sur 4 (27 %) en 2016. Mais si le périmètre s'étendait jusqu'à l'A86 (Nanterre, Saint-Denis, Rosny-sous-Bois, Antony) - s'appliquant ainsi à 25 % de véhicules polluants en plus - seulement 1 sur 70 établissements (1,5 %) serait concerné par cette pollution.

Si rien n'était fait en ce sens, à l'inverse, ce serait un ERP sur six qui serait frappé par la pollution.

Extension de la zone à basse émission et prime à la casse

La Région a rappelé à cette occasion les principales mesures de son plan pour la qualité de l'air, intitulé « Changeons d'air en Île-de-France », adopté en juin 2016 : aide au remplacement des équipements de chauffage individuel par des équipements modernes moins émetteurs de polluants atmosphériques et 24 milliards d'euros investis dans des transports plus écologiques.

Concernant l'extension de la zone à basse émission (ZBE) - mise en œuvre aujourd'hui uniquement à Paris - jusqu'à l'A86 - aujourd'hui à l'étude, Jean-Philippe Dugoin-Clément, Vice-président chargé de l'Écologie et du Développement durable, s'est dit favorable à avancer avec les autres collectivités sur cette idée,"à condition toutefois qu'elle ne créé pas de fracture sociale au sein de l'Île-de-France et qu'elle soit, par conséquent, accompagnée de mesures de compensation fortes".

C'est pourquoi la Région demande à l'État la mise en place d'une prime à la casse, "pour ne pas pénaliser les Franciliens qui sont obligés de prendre leur voiture, faute d'un accès suffisant aux transports en commun." Une demande d'autant plus justifiée d'après la région par le retard du Grand Paris Express que vient d'acter le gouvernement.

De son côté, l'adjoint (EELV) aux Transports de la maire de Paris, Christophe Nadjovksi, s'est félicité, de « chiffres très positifs » allant dans le sens de sa politique :

« Le meilleur moyen d'avoir des résultats est de réduire le nombre de véhicules polluants. »

Une façon de justifier l'ensemble de la politique de la Ville en matière de mobilité, y compris la piste visant la disparition des véhicules à essence d'ici à 2030, soit dix ans avant l'application de cette mesure au niveau national, inscrite dans le plan climat de Nicolas Hulot.

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a écrit le 31/03/2018 à 21:55 :
Tant qu'Airparif et autres groupements du même acabit ne mettront pas sur la table l'ensemble des données concernant la pollution atmosphérique, ils passeront pour des manipulateurs. Et, il y a fort à faire : pollution automobile, chauffage, industrielle, agricole, naturel, etc. Je doute que cela arrange Hidalgo et ses sbires, mais pour l'instant on tousse...
a écrit le 30/03/2018 à 19:42 :
Juste un rappel : les véhicules électriques nécessitent 100 000 kms avant de commencer à avoir un bilan carbone/particules fines favorable.
Ensuite l'électricité nucléaire c'est propre pour nous et très très polluants pour nos enfants.
Et enfin : les émetteurs de particules fines sont les pneus, la route, les freins, et les moteurs diesel anciens et essence modernes.
On en déduit que les transports en communs (bus/metro) ainsi que les bus et les véhicules essence font aussi partie de l'équation. On y trouve aussi le chauffage et certains rapports "rapportaient" que la pollution automobile était pour moins de 50% (dsl je ne me souviens plus ni combien ni où) de la pollution en IdF.

L'écologie à l'allemande, comme on la pratique en vantant l'électrique (jeter les polluants hors de la frontière/hors de vue), n'est pas une bonne écologie.

La transition vers des transports en commun fiables, pratiques, pertinents vis à vis des transports particulier pour ce qui concerne les temps de trajet et le confort nécessite de l'argent que nous n'avons malheureusement pas en ces temps de crise.

Je n'ai pas la solution et je le regrette, mais contraindre sans paliatifs viables les contribuables de la sorte tandis qu'ils n'ont pas obligatoirement choisi d'être en région parisienne (pourquoi à l'heure du numérique tant de sociétés sont ici ???) est un excellent signe de la considération portée à la population. Les "primes" ne sont que des pis-aller.

Rappelons nous que Mme Hidalgo utilise une zoé avec chauffeur comme s'il n'y avait pas de transport en commun dans la capitale...
a écrit le 30/03/2018 à 18:55 :
Nous allons bientot découvrir que le benzene venant de l'essence sans plomb tue plus que les particules du diesel. Les voitures essences consomment 20 a 50% de plus pour une puissance équivalent. Dès les années 90, des mesures ont été mises en place pour les pompistes dont il y avait eu une tres forte augmentation des leucémies. Maintenant, c'est vous et moi qui faisons le plein. Pour les particules venant du diesel, les flottes d'entreprises sont obligés d'utiliser un additif pour ne pas polluer. Additif mis au point dans les années 90. Mais, voila, ce n'est pas porteur comme politique, obliger de mettre un additif dans tous les véhicules diesel aurait du sens et pas de benzene, moins de gaz à effet de serre et peu de surcout. Le lobby de la voiture electrique (un goufre financier pour les finances publiques) est là. Pour 1% des voitures achetées en version electriques combien de milliards et en plus l'etat s'est engagé à acheter 20000 zoé à Renault et n'arrive meme pas à le faire. Nicolas est dans son bel appart dans Paris intramuros . signé un banlieusard sans transports en commun.
Réponse de le 30/03/2018 à 20:46 :
Bravo! Avis partagé...
a écrit le 30/03/2018 à 17:46 :
Le benzène c'est dû à l'essence (anti détonant qui remplace le plomb tétraéthyle (poison) mais peut provoquer des leucémies). Le pétrole c'est mauvais.
Les calculs ont-ils été faits pour savoir si les transports en commun de Paris ne seraient pas bondés si 110% des gens ne prenaient plus leur véhicule ? J'avais lu qu'il y avait 7% des déplacements qui se faisaient en voiture, il reste peut-être un peu de place dans les bus ? Le métro à 18h, de mes souvenirs c'est plein, plein. Ceux qui mettent 2h en transports ou 40min en voiture, j'imagine qu'ils préfèreraient habiter plus près, voire intramuros.
Je ne sais pas au bout de combien de temps les véhicules Euro6 commencent à éliminer le NOx(AdBlue), me semble qu'il faut une température minimale des gaz d'échappement, dépolluer dépend de la distance des trajets.
Réponse de le 31/03/2018 à 11:40 :
@Photo73
Le problème du diésel en circulation urbaine, qu’ils soient ou non équipés d’une injection AD blue, est le fonctionnement correct du FAP qui nécessite une température de 550°pour éliminer le stockage de ses particules captées .Un FAP ne fonctionne pas en permanence mais par cycles. Pour obtenir une température de 550° le régime moteur doit tourner au moins à 3000 tr/mn pendant au moins 15 à 20 minutes. C’est pour cela que l’utilisation du diesel en milieu urbain n’est pas techniquement logique. L’AD blue abaissant les NoX est efficace des 80°.
Pour les moteur essence modernes « downsizés » , ce sont des moteurs assez gourmands, particulièrement en charge, conso supérieure de15 à 20 %, a un diésel de même puissance. D’autre part ils génèrent plus de particules fines, donc les constructeurs sont obligés des 2018, pour rester aux normes euro 6c, de monter, comme sur les diesels ,un filtre à particules. Ce qui en utilisation urbaine posera a termes, les mêmes problèmes que sur les diesels. (Risques de colmatages FAP liés aux températures de fonctionnement insuffisantes en circulation urbaine).
Quoiqu’il en soit n ne vous affolez pas, la grande majorité des pollutions observées sur les villes du nord de la France, ne sont pas issues du trafic routier voir ici ;
http://www.zurbains.com/environnement/pics-de-pollution-la-verite-sur-son-origine-les-centrales-a.html.
En réalité l’activité humaine n’entre que pour 30% dans les rejets de CO2 ; les 70 % restants sont issus du milieu naturel (respiration des végétaux, règne animal, réchauffement permafrost des régions polaires, volcanisme) ce qui fait au total 30% de 0.03% .. Peanuts !!
Et si on veut pousser plus loin, la pollution générée par le trafic routier c’est 15% de 30% de 0.04% du volume de l’atmosphère. Calculer sur un volume de 1000 m3 et posez-vous les bonnes questions.
Il y a derrière cette manipulation d’autres intérêts que l’écologie.
a écrit le 30/03/2018 à 16:17 :
"et qu'elle soit, par conséquent, accompagnée de mesures de compensation fortes"

Indispensable, et le succès d'une telle opération dépendra uniquement de ce fait, soit on aide ceux qui ne peuvent pas acheter de l'électrique, et pas en leur fournissant de la camelote qui leur couterait encore plus chère, soit on s'abstient de parler en l'air.

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