Comment la coopérative Biocer creuse son sillon dans le grand Ouest

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Photo d'illustration. Portée par la vague récente des conversions, le nombre d'adhérents de la coopérative a bondi de 50 % et la collecte d'un tiers en cinq ans.
Photo d'illustration. Portée par la vague récente des conversions, le nombre d'adhérents de la coopérative a bondi de 50 % et la collecte d'un tiers en cinq ans. (Crédits : Reuters)
Pionnière de la collecte de céréales bio dans le grenier français du blé, la coopérative Biocer investit 10 millions d’euros pour répondre à l’explosion de la demande.

Il fallait être doué d'un certain flair et doté d'une bonne dose de culot pour lancer, il y a trente ans, une coopérative céréalière 100 % bio dans le berceau français des grandes cultures agro-industrielles.

L'aventure débute en 1988 dans la riante commune du Plessis-Grohan, dans l'Eure, à l'initiative d'une poignée d'agriculteurs militants. Les débuts sont modestes.

« À l'origine, une grande partie du stockage était réalisé dans la ferme du fondateur, le premier silo n'a vu le jour qu'en 2003 », se souvient Olivier Reboul, président de Biocer.

Trois décennies plus tard, la coop récolte ce qu'elle a semé. Portée par la vague récente des conversions, son nombre d'adhérents a bondi de 50 % et la collecte d'un tiers en cinq ans. Son terrain de jeu s'est élargi du bassin parisien aux franges des Hauts-de-France et jusqu'au Val de Loire. Son grain provient désormais de 24 départements du grand Ouest et de plus de 230 fermes.

Très liée avec le réseau des Biocoop avec qui elle possède un fournil en Île-de-France, elle a aussi développé des activités connexes de transformation (farines, lentilles, pain...) et de production de semences. Le regain d'intérêt des consommateurs, mais aussi l'arrivée sur son marché des grandes coopératives appâtées par l'essor du label AB, la poussent aujourd'hui à changer d'échelle, autant pour conserver son leadership que pour anticiper les mutations qui s'annoncent dans le monde paysan.

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Montage financier inédit

« Depuis 2016, la demande de céréales bio est supérieure à l'offre », rappelle son président. Au prix d'un montage financier inédit qui associe la BPI, l'Agence de l'eau, l'Agence Bio, un investisseur privé de l'économie sociale et solidaire et une coopérative normande conventionnelle, Biocer a investi 6 millions d'euros pour construire, près d'Évreux, un équipement de stockage et d'ensachage de grande capacité qui sera bientôt rejoint par une meunerie d'un coût de près de 4 millions. De quoi répondre à la demande croissante des boulangeries et enseignes spécialisées.

« Nous démontrons que l'agriculture biologique n'est pas rétrograde et qu'elle est capable de rentabiliser des outils spécialisés performants », conclut Olivier Reboul.

Un retour vers le futur de la bio en somme.

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