Un Été au Havre, l'arme de séduction massive de la cité portuaire

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La Catène de conteneurs,créée en 2017, est devenue un repère dans la ville.
La Catène de conteneurs,créée en 2017, est devenue un repère dans la ville. (Crédits : DR)
L'événement culturel imaginé en son temps par Édouard Philippe pour réenchanter sa ville reprenais du service pour la troisième année. Toujours aux manettes, Jean Blaise, qui a su chatouiller l'ordonnancement rectiligne de la ville.

Ce devait être un one shot, avait déclaré Édouard Philippe en 2017, à la veille du lancement d'un Été au Havre, qui marquait le 500e anniversaire de la création de la cité portuaire par François Ier. Le futur Premier ministre n'imaginait pas, à l'époque, un tel retentissement ni de telles retombées : 80 millions d'euros injectés dans l'économie locale pour la première édition, soit quatre fois le budget de l'événement ! Un ratio rarement atteint dans la culture. Sans oublier une impulsion salutaire pour Le Havre, gratifié, cette année-là, du qualificatif de destination « tendance » dans une pluie d'articles louangeurs.

Dans ces conditions, on comprend que l'exécutif municipal ait eu envie de puiser dans son bas de laine pour renouveler l'opération cet été, quoique dans une version moins fastueuse. Pari gagné. Depuis trois ans, la fréquentation estivale tutoie le million et demi de visiteurs. Les hôtels, plus habitués au tourisme d'affaires qu'aux vacanciers, connaissent leur meilleur taux d'occupation en juillet et en août. Quant aux croisiéristes, ils n'ont jamais été aussi nombreux ni aussi dépensiers, selon l'office du tourisme.

Oeuvres spectaculaires

Les entreprises locales ne s'y trompent pas, elles qui continuent de financer fidèlement un quart des trois millions d'euros que coûte la fête dans sa mouture plus légère. Pas une qui ne tresse des lauriers à son directeur artistique, Jean Blaise. Et à raison. En chatouillant l'ordonnancement impeccable de l'architecture d'Auguste Perret avec de grandes oeuvres aussi spectaculaires qu'iconoclastes, l'ex-protégé de Jean-Marc Ayrault a fait remonter la cote d'amour de l'ancienne « Stalingrad sur Seine » plus sûrement que le label de l'Unesco. Pas complètement malvenu dans une ville prompte à s'autodénigrer.

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