Loin du festival « roots », Beauregard prend son rythme de croisière
Nathalie Jourdan
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Photo d'illustration
Festival Beauregard / Didrick Launay
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Festival Beauregard / Didrick Launay
Vingt mille spectateurs en deux jours dès la première édition en 2009, le double l'année suivante et près de 110.000 lors de la 10e édition, cette fois sur quatre jours... Le festival d'Hérouville-Saint-Clair, dans la banlieue caennaise, a atteint son rythme de croisière à la vitesse du son, en dépit de la concurrence débridée en ce début d'été. Entre les Vieilles Charrues et les Eurockéennes de Belfort, le pari n'était pourtant pas gagné d'avance.
Les ingrédients de ce succès tiennent en deux mots : qualité et hospitalité. Le festival Beauregard, c'est d'abord un site magnifique, celui du parc du château éponyme : un domaine boisé d'une vingtaine d'hectares avec arbres centenaires, statues et vastes prairies. Ancienne villégiature d'un riche négociant havrais, le lieu, facile à sécuriser, est devenu propriété de la commune, qui le met gracieusement à disposition pendant les quatre jours que dure la fête. Un intérêt bien compris, explique le maire, Rodolphe Thomas. « Entre les techniciens, les artistes, les 1300 bénévoles et les spectateurs, c'est un véritable écosystème qui fait vivre les entreprises locales une semaine avant et une semaine après. En outre, on incite les touristes des commémorations du Débarquement à prolonger leur séjour. »
À la manoeuvre, Paul Langeois, directeur de la scène de musiques actuelles de la ville. Programmateur inspiré, le patron du Big Band Café a mitonné une manifestation qui lui ressemble : une affiche éclectique, mélant superstars et gloires montantes avec ce qu'il faut d'électro passé minuit. Mais surtout, il soigne le confort. « Arrivé à la quarantaine, j'attends d'être bien accueilli, pas sur un site qui pue la pisse et où on me sert une bière chaude. Je veux offrir aux gens une parenthèse enchantée. » Ici, pas d'attente interminable à l'entrée, une alternance fluide entre les concerts, pas de mégots sur les pelouses, une restauration top niveau et, pour les plus chatouilleux, des tentes premium avec lit fait à l'arrivée. Résultat : un événement étonnamment intergénérationnel, où l'on vient souvent en famille. Cette année, l'organisation s'est même payé le luxe d'agrandir le site sans augmenter la jauge afin d'éviter les goulets d'étranglement. Le confort vous dit-on !
Nathalie Jourdan
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