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RégionsRégion Sud - Marseille

Bataille pour la Mairie de Marseille : la droite en tête

Laurence Bottero

Publié le 21 septembre 2018 à 04:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:31

Gaudin quitte la presidence de la metropole d'aix-marseille

Gaudin quitte la presidence de la metropole d'aix-marseille

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[SONDAGE EXCLUSIF 1/3] Qui pour succéder à la figure tutélaire de Jean-Claude Gaudin, qui dirige la deuxième ville de France depuis 1995 ? La tension monte autour du Vieux-Port à deux ans des élections municipales, alors que le maire, âgé de 79 ans, vient de démissionner de la présidence de la Métropole et a annoncé qu’il ne fera pas le mandat de trop à l’Hôtel de Ville. Avec Elabe et Europe 1, La Tribune a interrogé les Marseillais début septembre sur le climat politique dans la cité phocéenne. Les...

Une femme à la tête de la deuxième ville de France ? Si la question « Qui pour succéder à Jean-Claude Gaudin ? » était aujourd'hui posée dans les urnes, elle permettrait à Martine Vassal, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, de se voir ouvrir grandes les portes de l'Hôtel de Ville de la cité phocéenne. C'est la principale révélation du sondage réalisé par Elabe pour La Tribune entre le 6 et le 12 septembre dernier, soit 48 heures après la démission de Jean-Claude Gaudin de la présidence de la métropole Aix-Marseille Provence et 24 heures avant la déclaration officielle de candidature du sénateur Bruno Gilles pour les prochaines municipales. Cette enquête exclusive offre un cliché instantané de la vie politique marseillaise, avec des surprises et des évidences.

Image sans titre
Photo d'illustration (Crédits : Photo DR)

L'évidence, c'est d'abord la très bonne notoriété du maire sortant, Jean-Claude Gaudin. Si on se doute que le premier magistrat de Marseille est connu de ses administrés, c'est autant la notoriété dont il bénéficie - 78 % des personnes interrogées indiquent connaître très bien ou bien leur maire - que son image positive (pour 6 Marseillais sur 10) qui tendent à prouver que si, après quatre mandats municipaux consécutifs, le locataire actuel de l'Hôtel de Ville entend raccrocher les gants, dans le match de sa succession, son poids, c'est-à-dire son avis, voire son adoubement, pèsera. Et peut-être aussi l'opinion positive que les habitants de Marseille ont pour le début de la transformation de leur ville dont l'image s'est améliorée, même si tout, loin s'en faut, n'est pas réglé concernant la propreté et la sécurité.

Évidente aussi et démontrée par notre sondage est la notoriété de Jean-Luc Mélenchon, député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, qui fait presque aussi bien que Jean-Claude Gaudin. Une notoriété logiquement portée par l'envergure nationale du chef de file de La France insoumise.

Quant à Renaud Muselier, ancien ministre, député européen, actuel patron de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur, il talonne le duo précédent et apparaît davantage connu que Martine Vassal ou même Samia Ghali, cette dernière étant pourtant souvent sollicitée par les médias dès qu'il s'agit de commenter l'actualité et les sujets marseillais. Une Samia Ghali néanmoins un peu plus absente des écrans télévisés et des ondes radio ces derniers mois.

Mais c'est bien la question « Qui ferait un bon maire de Marseille ? » qui apporte la réponse la plus significative et, surtout, la plus attendue. Pour 55 % des Marseillais, Martine Vassal, qui vient de prendre la présidence de la métropole Aix-Marseille Provence avec le soutien appuyé de... Jean-Claude Gaudin, serait la personne idoine pour prendre en main les destinées de la deuxième ville de France. Créditée de 55 %, soit 4 points de plus que sa cote d'image locale, elle gagne du crédit pour sa capacité à gérer la cité phocéenne. Si Jean-Claude Gaudin est désormais concentré sur sa ville, il entend bien préparer le terrain pour assurer sa succession.

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La droite en tête

Positionné comme challenger, avec 43 % de personnes interrogées le percevant comme étant capable de faire un bon maire, Renaud Muselier, président de la Région Sud, est légèrement distancé, mais reste bien placé. Il devance Christophe Castaner (secrétaire d'état aux Relations avec le Parlement et patron du parti présidentiel, LRM), qui ne ferait un bon maire que pour 41 % des Marseillais, au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon (LFI, 40 %) et Samia Ghali (PS, 38 %).

Le président de la Région, qui monte souvent au créneau, que ce soit sur les sujets d'économie, de transports, de politique nationale ce qui lui permet d'être très souvent visible et audible médiatiquement, reste donc dans la course pour la mairie de Marseille. Le sondage Elabe montre de fait que quelles que soient les têtes de liste se présentant au scrutin municipal, le candidat étiqueté Les Républicains arriverait en tête, que ce candidat soit Martine Vassal (à 44 %) ou Renaud Muselier (27,5 %). La présidente du Département réaliserait un score supérieur de 6,5 points à celui de l'actuel président de la région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cela s'explique par un meilleur report de voix des électeurs de François Fillon (87 % contre 72 %) et d'Emmanuel Macron (35 % contre 17 %). Cette préférence pour Martine Vassal se confirme lorsque, invités à choisir le meilleur candidat LR, les sondés citent d'abord son nom avant celui du patron de la Région. Réalisé avant la déclaration officielle de Bruno Gilles, le sondage Elabe confirme le manque de notoriété du sénateur des Bouches-du-Rhône et patron départemental des Républicains, puisqu'à la question « Qui chez LR serait le meilleur candidat ? », son nom n'est cité en premier que par 14 % des interrogés.

Image sans titre
Photo d'illustration (Crédits : Photo DR)

Député des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon est certes très connu des Marseillais - 96 % avouent le connaître au moins de nom - mais seuls 40 % d'entre eux considèrent qu'il ferait un bon maire de Marseille, signe qu'il ne rassemble pas toute la gauche. Samia Ghali, pour le PS, qui dispose pourtant d'une bonne image - et qui n'a pas vraiment caché son intérêt pour le scrutin municipal - ne fait pas mieux que Stéphane Ravier (RN) en cas de premier tour favorable aux Républicains. La sénatrice (socialiste) des Bouches-du-Rhône est créditée de 14,5 % des voix si Martine Vassal arrive en tête et de 16 % si c'est Renaud Muselier. Quant au conseiller régional et sénateur RN, il oscille, dans la même configuration, entre 15 % et 16,5 %.

Certes, ce sondage arrive très en amont de la vraie campagne, alors que les élections municipales ne sont prévues que fin mars 2020. Il reste encore plus de dix-huit mois pour que la bataille pour la mairie se dessine plus clairement. En se déclarant le premier, le sénateur LR Bruno Gilles a cependant ouvert les hostilités à droite et le climat politique sous le soleil de la Provence et le regard de la Bonne Mère risque de réserver encore bien des surprises. Ce sondage marseillais est aussi intéressant par ce qu'il nous dit de la France entière, alors qu'Emmanuel Macron est à la peine dans l'opinion. Pour les partis traditionnels, la messe n'est peut-être pas encore dite, et c'est aussi au niveau local que les stratégies politiques se jouent pour l'avenir. Marseille sera de ce point de vue une ville-test importante, au moins autant que la capitale, éternelle rivale.

______________

ANALYSE DE BERNARD SANANES*

Entre résultats étonnants et d'autres plus logiques, le fondateur de l'institut de sondage Elabe décrypte le climat marseillais politique actuel.

« Notre sondage montre que les Marseillais donnent clairement avantage à Martine Vassal même si Renaud Muselier n'est pasout. »

Pendant ce temps, Christophe Castaner surprend par une faible notoriété.

« Le fait de ne plus être porte-parole du gouvernement a gêné la progression de sa notoriété », analyse Bernard Sananes et le moment d'impopularité que vit actuellement l'exécutif le dessert également.« Une forte partie de l'électorat Macron ne le suit pas et voterait plutôt Vassal. »

La très bonne image de Jean-Claude Gaudin est évidemment le signe que « son avis comptera et qu'il a marqué la ville de son empreinte ». Le probable candidat du Rassemblement national, Stéphane Ravier, ne séduit « que » 70 % des sympathisants du parti présidé par Marine Le Pen, contre 90 % habituellement, dans ce type de configuration.

« Ce score montre que son image personnelle pose problème. Stéphane Ravier n'apparaît pas aujourd'hui comme une locomotive suffisante pour permettre au RN d'amplifier ses scores. »Même s'il bénéficie d'une bonne notoriété et s'il fait un score très correct,« Jean-Luc Mélenchon ne rassemble pas toute la gauche, notamment une bonne partie de l'électorat socialiste qui est tentée par Martine Vassal et qui ne voit visiblement pas le leader des Insoumis à la mairie. »

* Bernard Sananes est Président d'ELABE

Climat politique à Marseille publié par latribune.fr

MÉTHODOLOGIE

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Un échantillon de 1 001 personnes représentatif des résidents de Marseille âgés de 18 ans et plus, sélectionnés selon la méthode des quotas appliquée aux variables sexe, âge, profession et arrondissements de l'interviewé, ont été intérrogés par téléphone du 6 au 12 septembre 2018.

Laurence Bottero

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