Tout en finalisant la construction de la première unité de production d’hydrogène vert à Bouin en Vendée, la startup Lhyfe, positionnée sur une soixantaine de projets en Europe, s’attèle à la production off-shore : une première mondiale pour produire de l’hydrogène écologique en grande quantité.A Bouin, en Vendée, la pépite ligérienne Lhyfe fait feu de tout bois pour industrialiser la production d'hydrogène écologique et être la première au monde à mettre au point un dispositif de production d'hydrogène off-shore. De simple producteur, la jeune entreprise est devenue « constructeur d'usines à hydrogène ».
« On vend des kilos d'hydrogène et on construit des usines là où nous avons des clients et on choisit la technologie qui correspond », explique Matthieu Guesné, fondateur de Lhyfe, qui produira ses premiers kilos d'hydrogène en septembre prochain. Doté d'un électrolyseur d'un MW, cette unité de production, reliée à trois éoliennes terrestres et une station photovoltaïque, sera capable de produire 1.000 tonnes d'hydrogène par jour. De quoi alimenter les premiers usages de bus, camions, chariots élévateurs... déployés dans la région. Appuyé sur son propre centre de R&D, le site de Lhyfe fait figure de démonstrateur où sont expérimentées diverses technologies comme l'alcaline pressurisée ou l'alcaline basse pression.
En moins de trois ans, la jeune entreprise a développé une solution clé en main, modulaire - capable de s'adapter à différents types d'énergie - et évolutive, pour produire de d'hydrogène vert « en quantité industrielle à un coût compétitif ». C'est-à-dire à moins de 12 euros le kilo contre 18 euros le kilo pour l'hydrogène « gris » issu de l'énergie fossile.
« Notre force, c'est de n'être inféodé à aucun fabricant d'électrolyseurs contrairement à de grands noms de l'énergie qui préfèrent mettre la main sur une technologie en rachetant une startup. Nous choisissons la technologie en fonction des besoins, urbains ou industriels. C'est Nel à Bouin, Green Hydrogen System au Danemark, ça peut être Siemens ou d'autres », précise Matthieu Guesné, qui a, cependant, en avril 2020, noué un partenariat avec le fabricant norvégien d'électrolyseurs pour déployer vingt appareils (60 MW) au cours des quatre prochaines années en France et à l'international.