Annoncée par Airbus, la création de deux centres de développement Zéro-Emission à Nantes et à Brême, en Allemagne, destinés à mettre au point les futurs réservoirs à hydrogène de l’avion du futur doit mettre à profit les savoir-faire de l’écosystème ligérien et les synergies avec le site Airbus de Brême.C'est à la fois un soutien institutionnel, financier et des réseaux locaux qu'Airbus est venu chercher dans les Pays de la Loire pour construire l'un des deux Centres de Développement Zéro-Emission (ZEDC) destiné à produire des réservoirs cryogéniques à un coût compétitif » pour équiper l'avion à hydrogène ZEROe dont les premiers essais en vol sont programmés pour 2025. Au-delà de l'écosystème, l'appui est d'abord institutionnel et financier. Auteur d'une feuille de route Hydrogène dotée d'un budget de 100 millions d'euros en juillet 2020 en vue de constituer une filière, le Conseil régional était tout ouïe quand, il y a six mois, Airbus lui a exposé l'ambitieux projet. Depuis les réunions hebdomadaires se sont enchaînées jusqu'à l'annonce du soutien de la région à hauteur de 3,3 millions d'euros. Et surtout, la collectivité s'est engagée à peser de tout son poids pour décrocher des fonds complémentaires auprès de l'Ademe (l'agence de la transition écologique), dont l'intervention pourrait s'élever entre 3 et 4 millions d'euros et du CORAC (Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile), pour décrocher des fonds européens. En compétition avec plusieurs sites français, dont l'Occitanie, la région des Pays de la Loire veut croire à « l'effet feuille de route hydrogène » pour expliquer l'investissement prévu dans la région nantaise.
« En tous cas, ils -l'Occitanie- n'y sont plus », constate-t-on à la région des Pays de la Loire, où l'on entend bien saisir cette opportunité pour s'afficher comme le territoire de l'hydrogène qui verra à l'automne prochain le lancement du premier site de production d'hydrogène vert français (Lhyfe) à Bouin, sur la côte vendéenne.
Toute une histoire à écrire
A Nantes, ce sont « les compétences approfondies en matière d'intégration de structures métalliques liées au caisson central de voilure, utilisé parfois comme réservoir central, pour la sécurité des avions commerciaux et son expérience en co-design sur les entrées d'air de nacelles, les radômes et les ensembles structuraux complexes du fuselage central », qui auraient été déterminantes dans le choix du lieu d'implantation, selon Airbus.