Filiale du groupe Armor, la société nantaise Asca développe depuis une dizaine d’années des films solaires organiques. Produisant de l'énergie quelle que soit la température, l'orientation et la couverture nuageuse, du lever au coucher du soleil, ce matériau peut être installé facilement sur des façades, des toitures, des balustrades, des balcons..., afin de les rendre autonomes en énergie. Si l'entreprise a remporté de nombreux contrats à l'étranger, elle bute en France sur une législation tatillonne. Coup de projecteur sur une technologie révolutionnaire et complémentaire des panneaux...« Si on imprimait autant de films solaires que de rubans de transfert thermique, on produirait chaque année plus que la totalité de la puissance du parc nucléaire français. Nous fabriquons actuellement 13.000 kilomètres de ruban transfert thermique par jour, soit deux milliards de m² par an. Même si l'on ne prend qu'un milliard, au rendement actuel, on produirait 60 gigawatts (GW) de puissance électrique. C'est la totalité du parc nucléaire français - quand il marche ! », illustre Hubert de Boisredon, PDG du groupe Armor, leader mondial du ruban à transfert thermique (utilisé pour produire des étiquettes à code-barres) et fondateur de la filiale Asca créée en 2012 pour produire des films solaires organiques - des « OPV » (pour Organic PhotoVoltaics), dans le jargon des énergies renouvelables.
Depuis, le groupe nantais a investi plus de 100 millions d'euros, à la Chevrolière, près de Nantes, pour mettre au point une technologie à base de polymères photo-actifs, sans solvants, sans matériaux rares, et dont la fin de vie est pensée dès la conception du produit. « La solution est sous nos yeux... », estime Hubert de Boisredon.
Une solution complémentaire aux panneaux photovoltaïques, dont les rendements demeurent encore trois fois supérieurs. Ils sont en effet de l'ordre de 6% à 7% contre 18% à 20% pour les panneaux en silicium, dont une grande majorité est produite en Chine. En revanche, beaucoup plus sensibles à la lumière diffuse, les films solaires organiques produisent de l'énergie quelle que soit la température, l'orientation et la couverture nuageuse, du lever au coucher du soleil. « A puissance égale, le film produit 30% d'énergie de plus qu'un panneau solaire », fait valoir Hubert de Boisredon. Sa souplesse et sa maniabilité, comme une seconde peau, en font une solution pour aller là où les panneaux photovoltaïques ne peuvent être installés en raison des contraintes architecturales ou environnementales. Et qui plus est économe en Co2, puisqu'elle évitera, entre autres, d'utiliser le transport maritime, nécessaire pour importer des panneaux photovoltaïques chinois.