Voiture électrique : les Pays de la Loire cherchent le bon modèle économique pour ses bornes de recharge

ENQUÊTE 4/5. Quatrième volet de notre série de cinq enquêtes sur le business complexe des bornes de recharge électrique, publiées chaque jour depuis hier jusqu'à vendredi. Amorcé par le syndicat d'énergie vendéen Sydev il y a sept ans, le déploiement des bornes de recharges électriques dans les Pays de la Loire offre aujourd'hui un réseau de plus de 1.600 bornes de recharges publiques et privés. Déjà bien structuré, l'enjeu est désormais de trouver le bon modèle économique.

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Depuis le 1 er avril 2019 une tarification identique,
simplifiée et incitative, est calculée selon la quantité
d'énergie consommée (en kilowattheures)lors de la recharge du véhicule Elle s’applique aux réseaux des syndicats d’énergie des Pays de la Loire et
de Bretagne (hors Morbihan). L'un des plus bas de France, le tarif est 20 centimes/kWh kWh sur borne lente et 30 centimes/kWh sur une borne rapide.
Depuis le 1 er avril 2019 une tarification identique, simplifiée et incitative, est calculée selon la quantité d'énergie consommée (en kilowattheures)lors de la recharge du véhicule Elle s’applique aux réseaux des syndicats d’énergie des Pays de la Loire et de Bretagne (hors Morbihan). L'un des plus bas de France, le tarif est 20 centimes/kWh kWh sur borne lente et 30 centimes/kWh sur une borne rapide. (Crédits : sydela)

Mille six cent soixante-trois points de recharge sont déployés sur le territoire des Pays de la Loire. C'est environ une borne tous les 50 à 80 km. « Un réseau plutôt bien réparti. Avec, toutefois, des bornes sous-utilisées et d'autres énormément sollicitées, sur la côte notamment», observe Richard Chamaret, président de l'entente Territoire Energie Pays de la Loire, née de l'association des syndicats d'énergie de Vendée (Sydev), de Loire-Atlantique (Sydela), du Maine et Loire (Sieml) et de Mayenne (Territoire d'Energie Mayenne), à la manœuvre depuis 2014 pour déployer des bornes de recharge dans la région. A l'exception de la Sarthe très en retard et de Nantes Métropole qui privilégie l'installation de bornes dans les parkings (185), la couverture est à peu près homogène.

Des schémas directeurs en cours de réécriture

Soutenus par l'Ademe puis par la région, les syndicats d'énergie, ont, à eux-seuls, implanté 557 bornes de 13 à 22 Kwh (1200 points de charges) dont une cinquantaine de bornes rapides sur le territoire ligérien. Un parc auxquels, il faut ajouter quelques supers chargeurs déployés par des acteurs privés comme Tesla, Ionity, Total... autour de l'axe Nantes-Paris et des grandes métropoles.

« Les syndicats ont d'abord installé des bornes pour rassurer les consommateurs et favoriser l'usage. Maintenant, même si le prix des installations a été divisé par deux, on ne peut ni se permettre d'en mettre partout ni laisser faire le privé, sans quoi, nous aurons des trous dans la raquette », affirme Richard Chamaret, qui défend un équilibre dans l'aménagement du territoire et la quête d'un modèle économique viable.

Car, loin s'en faut, si l'on a voulu mettre au moins une borne dans toutes les communes de plus de 1.500 habitants, toutes les bornes n'ont pas le même taux d'utilisation. «Or, aujourd'hui, ce dont on a besoin, c'est d'avoir de la recharge rapide et plusieurs points de recharge à un endroit, des sortes de hub », observe Olivier Grégoire, en charge du développement de la mobilité électrique au sein de l'association de promotion Avere-Ouest. « Les bornes déployées depuis près de dix ans ont été pensées pour les Renault Zoé. Elles ont rassuré la population mais ne correspondent plus au besoin du marché où les technologies et la flotte de véhicules ont évolué », dit-il, dans une région où l'on constate une augmentation des immatriculations de véhicules électriques.

« On en dénombrait 1.501 en 2018, 2099 en 2019, et 2354 en 2020. L'augmentation des ventes de véhicules neufs est supérieure à la moyenne nationale », se félicite Antoine Chéreau, premier vice-président du conseil régional des Pays de la Loire qui entend devenir la première région de France en matière de motorisations alternatives sur un territoire où 71% des déplacements ont lieu en voiture.

 La multiplication des usages

Selon la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement), les ventes de voitures électriques et hybrides comptaient pour 9% des achats de véhicules neufs en 2020. Pour encourager cette démarche, la région a décidé l'exonération de la part régionale sur les cartes grises de véhicules propres et a, depuis 2017, financé, pour un montant de 900.000 euros, le développement de 37 bornes rapides au titre de la continuité des parcours. La collectivité s'est d'ailleurs engagée à investir un million d'euros pour implanter un millier de bornes d'ici la fin de l'année 2021, contre 557 aujourd'hui. On n'y sera donc pas. « Comme on ne sera pas aux 100.000 bornes voulues par le gouvernement », estime Thierry Jahier co-fondateur de la startup nantaise Sparklin, initialement créée pour équiper le domicile des particuliers d'un dispositif de charge lente, et qui, face à l'évolution de la demande est de plus en plus sollicitée par les copropriétés, les établissements hôteliers et les campings, grâce à un dispositif de refacturation à la seconde.

Naissance d'un nouveau modèle

Deux ans après choisi d'harmoniser leur tarification en rejoignant le réseau breton Ouest Charge pour faciliter la vie des usagers, les syndicats d'énergie réfléchissent, aujourd'hui à de nouveaux schémas directeurs départementaux IRVE (Infrastructures de Recharge des Véhicules Electriques) compatibles avec les nouveaux usages et l'ambition de la collectivité. L'état des lieux est en cours. Il doit être réalisé pour 2022. « C'est un travail lourd mais nécessaire », plaide Richard Chamaret.

En dix ans, les syndicats d'énergie ont beaucoup appris et détiennent une solide expérience, jusque dans la maintenance des bornes et l'émergence de filière. «Il faut pourvoir compléter le maillage existant et permettre au secteur privé de venir installer des bornes pour affiner et densifier le réseau. La création de hubs de recharge permettrait d'éviter les frustrations », remarque Olivier Grégoire. Pour le président de Territoire d'énergie Pays de la Loire, l'enjeu du développement repose sur trois piliers : « le financement, le foncier et les usages. » Autrement dit : un nouveau modèle économique intégrant l'économie circulaire pour permettre au réseau d'absorber les puissances demandées et, au minimum, d'équilibrer les comptes. En Vendée, le Sydev, qui avait été le premier à mettre en œuvre un schéma de mobilité électrique en 2014 et à implanter la première borne électrique sur le territoire ligérien à la Roche-sur-Yon, inaugurera le 7 octobre prochain, la première station multi-énergies. Elle offrira aux vendéens, le choix entre l'électrique, le biogaz issu de méthaniseurs locaux et l'hydrogène, fourni par Lhyfe, producteur d'hydrogène vert à quelques kilomètres de là. Un mix énergétique pour sortir de la dépendance énergétique et créer un nouveau modèle économique autour des bornes électriques.

>> Cliquez sur la carte pour poursuivre l'enquête en région :

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Commentaire 1
à écrit le 16/09/2021 à 21:11
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dans mon coin, chaque village possède deux bornes, c'est sud sarthe, on voit jamais personne s'en servir mais elles éxistent.

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