ENQUÊTE 4/5. Quatrième volet de notre série de cinq enquêtes sur le business complexe des bornes de recharge électrique, publiées chaque jour depuis hier jusqu'à vendredi. Amorcé par le syndicat d'énergie vendéen Sydev il y a sept ans, le déploiement des bornes de recharges électriques dans les Pays de la Loire offre aujourd'hui un réseau de plus de 1.600 bornes de recharges publiques et privés. Déjà bien structuré, l'enjeu est désormais de trouver le bon modèle économique.Mille six cent soixante-trois points de recharge sont déployés sur le territoire des Pays de la Loire. C'est environ une borne tous les 50 à 80 km. « Un réseau plutôt bien réparti. Avec, toutefois, des bornes sous-utilisées et d'autres énormément sollicitées, sur la côte notamment», observe Richard Chamaret, président de l'entente Territoire Energie Pays de la Loire, née de l'association des syndicats d'énergie de Vendée (Sydev), de Loire-Atlantique (Sydela), du Maine et Loire (Sieml) et de Mayenne (Territoire d'Energie Mayenne), à la manœuvre depuis 2014 pour déployer des bornes de recharge dans la région. A l'exception de la Sarthe très en retard et de Nantes Métropole qui privilégie l'installation de bornes dans les parkings (185), la couverture est à peu près homogène.
Des schémas directeurs en cours de réécriture
Soutenus par l'Ademe puis par la région, les syndicats d'énergie, ont, à eux-seuls, implanté 557 bornes de 13 à 22 Kwh (1200 points de charges) dont une cinquantaine de bornes rapides sur le territoire ligérien. Un parc auxquels, il faut ajouter quelques supers chargeurs déployés par des acteurs privés comme Tesla, Ionity, Total... autour de l'axe Nantes-Paris et des grandes métropoles.
« Les syndicats ont d'abord installé des bornes pour rassurer les consommateurs et favoriser l'usage. Maintenant, même si le prix des installations a été divisé par deux, on ne peut ni se permettre d'en mettre partout ni laisser faire le privé, sans quoi, nous aurons des trous dans la raquette », affirme Richard Chamaret, qui défend un équilibre dans l'aménagement du territoire et la quête d'un modèle économique viable.
Car, loin s'en faut, si l'on a voulu mettre au moins une borne dans toutes les communes de plus de 1.500 habitants, toutes les bornes n'ont pas le même taux d'utilisation. «Or, aujourd'hui, ce dont on a besoin, c'est d'avoir de la recharge rapide et plusieurs points de recharge à un endroit, des sortes de hub », observe Olivier Grégoire, en charge du développement de la mobilité électrique au sein de l'association de promotion Avere-Ouest. « Les bornes déployées depuis près de dix ans ont été pensées pour les Renault Zoé. Elles ont rassuré la population mais ne correspondent plus au besoin du marché où les technologies et la flotte de véhicules ont évolué », dit-il, dans une région où l'on constate une augmentation des immatriculations de véhicules électriques.