Cashway lance une solution pour payer en espèces sur internet

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Dès lors, au moment de régler son panier, l'internaute est en mesure de choisir son mode de paiement :  carte bancaire, Paypal... ou Cashway. Ce dernier adresse à l'acheteur un code barre par mail ou par sms, qui sera scanné par un commerçant-distributeur.
Dès lors, au moment de régler son panier, l'internaute est en mesure de choisir son mode de paiement : carte bancaire, Paypal... ou Cashway. Ce dernier adresse à l'acheteur un code barre par mail ou par sms, qui sera scanné par un commerçant-distributeur. (Crédits : Reuters)
La jeune start-up nantaise Cashway innove avec une solution de paiement inédite pour payer en espèces des achats en ligne. Sécurisé, le dispositif vise avant tout les ados, les seniors et les exclus du système bancaire, avec l'ambition de se développer très vite à l'international.

C'est une solution pour ceux qui n'ont pas ou plus de carte bancaire et ceux qui craignent ou refusent d'indiquer leur numéro de compte sur internet. A l'heure de la transition numérique et de la digitalisation des entreprises, la démarche pourrait, néanmoins, sembler à contre-courant.

"Entre les ados, les seniors, les exclus du système bancaire, les résidents immigrés dépourvues de compte, et même les titulaires d'un compte postal restreint, ce sont plus de vingt millions de personnes privées des bonnes affaires du web. De plus, entre la création d'un compte et le paiement,15% des transactions se soldent par un échec ", rétorque Olivier Jamault, qui a roulé sa bosse dans des sociétés et plateformes de paiement en ligne (WeXpay, HiPay...) pendant une quinzaine d'années avant de fonder Cashway, à Nantes, en début d'année 2014.

Pour mener à bien le projet, il s'est associé à Christophe Caffard, ex-directeur juridique de la Deutche Bank et Jean-Jacques Legendre, ex-banquier d'affaires pour la BNP, Morgan Stanley... Si depuis un an et demi, l'investissement a été plus humain que financier,  la start-up, labellisée en mai dernier par le pôle Finance Innovation  et soutenue à hauteur de 30.000 euros par BPIfrance,  a lancé un premier tour de table qui lui ont permis de récolter 250.000 euros. De quoi développer une solution de paiement en espèces sonnantes et trébuchantes, simple, pouvant être déployée en quelques clics sur tous les sites de e-commerce. Pour gagner du temps sur un marché très concurrentiel, Cashway a choisi d'avoir recours à un portage d'agrément accordé par la société HiPay. Une solution transitoire en attendant l'agrément en propre délivré par l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) de la Banque de France."C'est un marché où le premier installé a raison", confie Olivier Jamault, qui capitalise sur son expérience professionnelle et sa connaissance du réseau.

Objectif : une transaction sur trois

Dès lors, au moment de régler son panier, l'internaute est en mesure de choisir son mode de paiement :  carte bancaire, Paypal... ou Cashway. Ce dernier adresse à l'acheteur un code barre par mail ou par sms, qui sera scanné par un commerçant-distributeur. Pour son lancement, Cashway a choisi de s'appuyer sur le réseau de 6200 buralistes équipés de caisses intelligentes Bimedia.  Contre le paiement en liquide, le détaillant déclenche alors l'expédition du produit. "L'objectif est de capter au moins une transaction sur trois", indique Olivier Jamault,"On essaie d'être prudent, c'est une nouvelle méthode de paiement", dit-il, au regard d'un chiffre d'affaires encore peu significatif mais au potentiel prometteur. Pour le e-commerçant, cette solution "alternative et complémentaire" coûtera de 0,89% à 3% des transactions (pour les montants inférieurs à 500 euros/mois). "On a tenu à se positionner légèrement en dessous des tarifs de payPal", assure Olivier Jamault.

155 millions d'euros par an à capter

A ce jour, Cashway serait implanté sur une dizaine de sites et en cours d'installation sur une vingtaine d'autres. Certains, comme les sites pour adolescent(e)s V-inc ou Luli Lingerie auraient enregistré des paniers moyens pouvant grimper jusqu'à 150 €. "On démarre. La période de Noël n'est pas propice aux changements, mais les discussions avancent bien. Les sites ont bien conscience qu'une clientèle est à récupérer...", reconnait-il. "Malgré la mise en place d'outils anti-fraude comme le 3DSecure, le manque à gagner en raison des fraudes ou des transactions avortées est estimée estimé à 155 millions d'euros par an pour les e-commerçants". Une manne qui commence à ne pas laisser indifférents les sites d'e-commerce. Tout comme les buralistes, qui malmenés par la législation sur le tabac et l'essor de la cigarette électronique, voient, d'un bon oeil, leur fréquentation augmenter. Le réseau de détaillants est, lui, rémunéré en fonction des montants payés par les clients (1 euros pour 50 euros d'achats, 2 euros de 51 à 150 euros...). "Notre objectif est de constituer un réseau de 20.000 points de vente-partenaires d'ici à  la fin de l'année 2016", affirme le patron de Cashway. Ce pourrait être des commerces de proximité ou les piliers de la grande distribution.

Très vite à l'export

Au delà de l'hexagone, c'est à l'international que Cashway, inspiré par une expérience similaire au Brésil, veut se développer. En Belgique, puis très vite en Espagne, au Royaume-Uni "et surtout en Allemagne où l'utilisation de virements bancaires et de cash est  très importante", précise Olivier Jamault, "Dès que l'on sera monté en puissance avec de gros clients comme  les voyagistes, les pures players, la GMS... nous lancerons une importante campagne de communication. Vraisemblablement d'ici la fin 2016", ajoute le fondateur de Cashway, qui profite aussi de l'écosystème nantais du numérique positionné sur le e-commerce (Lengow, Iadvise...).

"Nous sommes à l'écoute de ce qui se fait dans la relation et l'accompagnement client et proposons des solutions déclinées autour de systèmes de promotions,  de cartes de fidélité, etc. ", dit-il, envisageant une prochaine levée de fonds pour accompagner le développement à l'export.

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Commentaires
a écrit le 11/04/2018 à 11:35 :
cool

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