Climat : la société civile prépare la COP 22 à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
Monté en moins d'un an, à une date trop proche de l'Assemblée générale des Nations-Unies à New York qui s'est tenue du 13 au 26 septembre et à quelques semaines de la COP22 organisée à Marrakech du 7 au 18 novembre prochain, le premier Sommet mondial des acteurs non étatiques du climat aura néanmoins attiré quelque 3.500 personnes à Nantes. Ce dont le sénateur écologiste Ronan Dantec, président de l'association Climate Chance, se félicite :
C'est donc, à ses yeux, une étape extrêmement importante pour crédibiliser le scénario d'une limitation de la hausse des températures à +2°C, voire +1,5°C.
Le président de Climate Chance entend donc poursuivre l'expérience lyonnaise, où le sommet Climat et Territoires, organisé avant l'accord de Paris avait abouti à un engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre de deux gigatonnes à l'horizon 2020. « Dans les clous du Giec », rappelle-t-il.
L'idée d'organiser ce sommet à Nantes, réputée pour être précurseur dès 2006 dans l'adoption d'un plan climat aujourd'hui perçu comme l'un des plus ambitieux, est née en ce sens. Et dans la continuité du sommet mondial de la ville durable Eco-city accueilli en 2013 dans la cité des ducs de Bretagne, labellisée Capitale verte cette même année.
Un deuxième texte, encore plus largement signé par la société civile mondiale, sera présenté au sommet de Ban Ki-Moon, un an avant la Cop 2015. C'est ce qui a ouvert la voie au sommet lyonnais Climat & Territoires, co-présidé par Bernard Soulage. « Cela avait attiré 1.300 participants, cette fois nous sommes 3.500 », se félicite Ronan Dantec.
La fin du sommet est l'occasion d'une déclaration commune et d'une cinquantaine de propositions issues des soixante quinze ateliers et échanges de bonnes pratiques ayant émaillé ce rendez-vous.
Montrer les initiatives déployées sur le terrain, c'était l'une des volontés de la maire de Nantes, Johanna Rolland, qui vient de proposer aux nantais un grand débat collaboratif sur la transition énergétique, calqué sur le modèle élaboré l'an dernier autour des enjeux de la Loire dans la métropole. Le sommet a aussi été l'occasion de réunir une centaine d'opérations menées par des associations, des institutions locales ou des entreprises, mises en exergue par le « Lab », laboratoire des initiatives nantaises.
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C'est le cas notamment de la startup Betterfly, qui propose des solutions on-line pour maîtriser l'efficacité environnementale, via un étiquetage environnemental des hébergements touristiques et des restaurants inspiré des classes énergétiques dans l'immobilier, ou encore de la société Naoden, qui propose une solution nomade de recyclage de déchets conçue à partir de conteneurs, pour produire de l'électricité ou de la chaleur.
Pour affirmer encore plus son engagement, la présidente de la métropole a d'ailleurs de signer une convention avec le président de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), Bruno Lechevin. Conclu pour une durée de trois ans, ce contrat d'objectifs vise à faciliter la mise en place de préconisations issues du plan Climat Energie Territorial et du diagnostic, lié à la labellisation européenne Cit'Energie. Une quinzaine d'actions (adaptation au changement climatique, action avec les communes/quartiers, etc.) ont ainsi été identifiée par les deux partenaires. Selon le degré d'investissement et de réussite, mesuré selon des indicateurs très précis, l'Ademe devrait s'engager pour une enveloppe variable de 170.000 à 450.000 euros, sur des projets où Nantes Métropole estime sa part d'autofinancement à 2 millions d'euros.
« Maintenant, on connaît les contradictions liées aux compétitions entre les territoires. Nantes, c'est à la fois le plan climat le plus ambitieux et le projet le plus contesté en terme d'émission de gaz à effet de serre -NDLR, en raison du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes-, c'est ça la réalité nantaise. »
Un dossier où cette fois, le président de Climate Chance et la présidente de la Métropole nantaise ne sont, cette fois, pas sur la même longueur d'onde...
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D'ici là, Climate Chance devrait poursuivre sa route à Marrakech en 2017 et en Amérique du Nord en 2018. La logique voudrait qu'il passe aussi Asie, même si ce parcours reste contraint par l'organisation des Cop. Toujours est-il qu'en tant que premier organisateur, Nantes pourrait revendiquer un droit d'accueil lors de son retour en Europe.
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