Skippair met le cap sur l'international

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
« On est sur le point de la finaliser... », sourient Maïna Marquette et Claire Blangez. D'ici quelques jours, les co-fondatrices de Skippair devraient pouvoir annoncer la fin d'une levée de fond allant au-delà de leurs espérances. « Des fonds d'investissement ou des personnes en propre issus de ses structures nous soutiennent ». Elles n'en lâcheront pas plus. À la clé, plus de 600.000 euros qui doivent permettre à Skippair de gonfler ses voiles et prendre le large. Plus précisément de lancer une version anglophone de la plateforme, récemment réactualisée, pour accroître la clientèle internationale.
Lancée en 2013, le concept de mise en relation de plaisanciers « novices » en pratiques maritimes et de skippers professionnels connaît un certain succès. « On a enregistré une croissance de plus de 200% par rapport à l'an dernier », assure Maina Marquette, embarquée dès l'âge de sept ans, en famille sur les mers du globe, monitrice de voile à la réputée école des Glénans, en Bretagne, diplômée de l'École Supérieure de Commerce de Paris (ESCP Europe), passée chez la société de conseils en stratégie Accenture et Microsoft comme chef de produit Windows Phone, jusqu'à ce que le goût de l'entrepreneuriat et de la mer ne la rattrape. Lors de son passage chez Accenture, elle rencontre de Claire Blangez, ingénieur de formation, diplômée des Arts et Métiers (ENSAM), ex-manager conseil en achat et logistique, amatrice de voile, mais pour qui la mer rime davantage avec « paréo qu'avec ciré jaune ». Le goût d'entreprendre et la complémentarité des deux femmes va, néanmoins, les inciter à monter et lancer Skippair.
De quoi rassurer une clientèle, qui en a très envie mais pour qui les freins restent nombreux. Au-delà des profils skippers, la plateforme propose une offre est très marketée, enrichie d'un blog, alimenté d'articles sur les escales, les destinations, les témoignages des utilisateurs, etc. Créée dès le départ sous la forme d'une SAS, Skippair est passée par l'incubateur Paris Pionnières et l'accélérateur Numa pour structurer et accompagner son développement.
Lauréat du Nautic Start-up Contest 2014 organisé à l'occasion du salon nautique de Paris, Skippair a ressenti, très vite, le besoin de se rapprocher des embruns. En 2015, la startup choisit Nantes et s'installe au sein de l'espace de co-working du Start-up palace.
Lauréat du concours de startups Global Challenge organisé à l'occasion du festival du numérique nantais Web2day, Skippair finalise cette année-là une première levée de fonds de 215.000 euros. Dernièrement, la jeune pousse vient d'être sélectionnée parmi les huit startups retenues pour constituer l'accélérateur OFF7 créé par le groupe de presse Ouest-France.
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En moins de trois ans, les deux jeunes femmes ont réussi à constituer et référencer un pôle d'une centaine de skippers professionnels, diplômés et assurés, en France, mais aussi à la Réunion, aux Antilles, en Thaïlande, autour de l'île norvégienne du Spitzberg... Ils proposent des croisières à la demi-journée à partir de 70 euros, à la journée ou pour plusieurs jours sur des monocoques ou des catamarans, de 10 à 15 mètres, comprenant trois ou quatre cabines. L'offre packagée permet de réserver le bateau entier ou choisir de le partager avec d'autres pour réduire les coûts.
Avec Skippair, ils bénéficient d'une plus grande visibilité, d'une aide pour structurer leur offre, se libère des tracasseries administratives, du marketing et de la communication, et automatise les ventes...
En contrepartie, les navigateurs rétrocèdent 15% à 18% du chiffre d'affaires, réalisé grâce à Skippair.
Diversifiées et pouvant aller jusqu'au sur-mesure, les offres sont très "marketées" à l'image de la Box pour offrir pour une croisière d'une journée ou d'un week-end. Conçue non pas dans une vulgaire boite en carton, elle a l'allure d'une petite malle en bois, renfermant une « bouteille à la mer », contenant le détail de la croisière.
« Nous développons une vraie stratégie de contenu », expliquent les dirigeantes de Skippair, qui emploie six personnes, dont un journaliste pour faire vivre un blog, présenter les escales et destinations ou réaliser les interviews et portraits des skippers. Un point clé de l'engouement créé par Skippair, qui a réussi à donner confiance et envie à près de mille six cents personnes d'embarquer.
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« 80% acquis grâce à notre référencement naturel. C'est un tiers de famille, un tiers de couple et un tiers de personnes seules, dont 30% de novices qui disent avoir envie de repartir. Une demande sur deux faites par mail ou téléphone se traduit par une commande. 50%, c'est très important par rapport au secteur du tourisme qui, en général, table sur 15% », se félicitent Maïna Marquette et Claire Blangez, qui veulent lever les freins pour « faire entrer la voile dans le tourisme », multiplier les croisières thématiques et les skippers multilingues pour devenir le leader du voyage en voiliers de croisière.
Frédéric Thual, à Nantes
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