À Bordeaux, le port ne veut plus de fioul dans l'électricité

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Le quartier des Bassins à flot dispose de deux formes de radoub (bassins permettant la mise à sec de navires) pouvant accueillir des paquebots fluviaux.
Le quartier des Bassins à flot dispose de deux formes de radoub (bassins permettant la mise à sec de navires) pouvant accueillir des paquebots fluviaux. (Crédits : Agence Appa)
Le port de Bordeaux vient de mettre au point une armoire mobile pour connecter les paquebots fluviaux au réseau électrique. Objectif : en finir avec les générateurs électriques alimentés au fioul. La ville, elle, va dans le même sens, avec une autre méthode.

« Le premier objectif, c'est de permettre aux paquebots fluviaux de ne plus brûler de fioul pour produire leur électricité. Grâce à la "PowerPort Box" que nous venons de développer, c'est désormais possible et surtout facile à faire, parce que nous avons travaillé à fond pour simplifier et sécuriser les contraintes du branchement électrique », déroule d'entrée de jeu Jonathan Barbe, chargé de l'activité électrotechnique au Grand Port maritime de Bordeaux (GPMB), dont Christophe Masson est le président du directoire. Et d'ajouter :

« Notre dispositif est mobile et fournit une puissance comprise entre 0,5 et 1 mégawattheure, qui couvre tous les besoins existants. »

Pour mettre au point cette innovation, Jonathan Barbe a fait le tour des armateurs des cinq compagnies de croisière fluviale qui ont choisi Bordeaux comme port d'attache. Elles alignent aujourd'hui six paquebots fluviaux, dont plusieurs dépassent 100 mètres de long. Pour faire tourner les générateurs qui produisent l'électricité dont ils ont besoin pendant l'hivernage, ces paquebots fluviaux brûlent au total 3 tonnes de diesel par jour. L'objectif du port est de mettre un terme à cette activité polluante.

Hivernage et réparations aux bassins à flot

« J'ai eu de longs échanges avec les armateurs de l'ensemble de la flotte fluviale pour comprendre ce dont ils avaient besoin en matière de branchements. Il s'agissait aussi de ne pas être ultra-onéreux. Notre boîtier, qui développe un volume de 2 mètres cubes, devrait être commercialisé entre 40.000 et 50.000 euros. Nous avons réalisé le premier branchement le 1er février et nous sommes en contact avec le port de Strasbourg notamment », explique Jonathan Barbe, qui pense aussi au port de Bordeaux.

Celui-ci, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 46 millions d'euros en 2017 avec 340 salariés, possède un domaine qui s'étend sur 100 km, tout au long de l'estuaire de la Gironde. Un espace balisé par sept terminaux portuaires, qui pourraient aussi être équipés de la PowerPort Box. Le port de Bordeaux coopère avec Enedis, filiale d'EDF (Électricité de France) chargée des raccordements électriques. D'autant que la ville de Bordeaux, dont Alain Juppé est le maire, a également lancé avec Enedis un programme d'équipement électrique des pontons d'où partent les paquebots fluviaux. Des équipements fixes, incorporés aux quais, dont le premier est opérationnel depuis avril.

Les autorités portuaire et municipale vont dans le même sens, mais chacune à leur façon. Si Bordeaux mise sur l'arrondi que fait la Garonne en traversant la ville, d'où partent les paquebots fluviaux et qui vaut à la métropole son nom de port de la Lune, le GPMB parie, lui, sur le quartier des Bassins à flot. Construit sur une vieille zone portuaire encore fonctionnelle, ce quartier dispose de quais d'armement et de deux formes de radoub dans lesquelles le port entend faire hiverner, entretenir, voire réparer les paquebots fluviaux. Et ce tout en douceur, à quelques mètres des immeubles qui poussent comme des champignons.

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Commentaires
a écrit le 14/06/2018 à 12:18 :
Fuel marin très sulfuré, autant ne pas le brûler au port (SO2 est-il pire ou moins que le NOx des voitures diesel ?) pour la santé des habitants, et peut-être faire des économies aussi ?

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