Le Havre veut jouer sur la Seine du Grand Paris

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L'axe Paris-Le Havre représente 50% du trafic fluvial du pays.
L'axe Paris-Le Havre représente 50% du trafic fluvial du pays. (Crédits : C. Armand)
Sans attendre une intégration encore plus poussée des ports du Havre, de Rouen et de Paris, que doit décider le Premier ministre, l'infrastructure normande se verrait bien profiter de la dynamique du Grand Paris.

« Ça fait dix ans que le sujet du Grand Paris a été remis sur le devant de la scène avec l'idée de lier notre destin à Paris », raconte Jean-Baptiste Gastinne, premier adjoint (LR) au maire du Havre et vice-président de la Région Normandie chargé des transports et des ports. « Mais il reste tellement à faire : il nous faut améliorer nos liaisons, nos infrastructures de transport, soutenir les grandes filières économiques... Édouard Philippe [ancien maire du Havre, ndlr] disait que c'était un projet de toute une génération. »

Dès 2013, l'État s'est ainsi doté d'un délégué interministériel au Développement de la vallée de la Seine, afin d'établir un schéma stratégique de développement et un contrat de plan pour inscrire une programmation des investissements coordonnée. Les enjeux sont nombreux : donner une vision globale en termes ferroviaires, fluviaux et portuaires, répondre aux problèmes de capacité dans le contexte de reprise de marché des conteneurs, « désaturer » le réseau ferroviaire, et surtout caler le plan d'investissement de 500 millions d'euros rien que pour le port.

À la tête de ces opérations, le préfet François Philizot souligne que l'axe Paris-Le Havre représente 50% du trafic fluvial du pays. Toujours il y a cinq ans, les ports du Havre, de Rouen et de Paris se sont structurés au sein d'un groupement d'intérêt économique : Haropa. Parmi les objectifs, explique son directeur général délégué Antoine Berbain, « offrir une porte d'entrée d'échanges avec la métropole parisienne, un sujet d'emploi, de développement de valeur ajoutée, de performance industrielle et de compétitivité industrielle ».

30 millions de consommateurs

Plus récemment, le 27 avril dernier, l'association Paris Île-de-France Capitale Économique (PCE), qui promeut le Grand Paris à l'international, et la communauté d'agglomération havraise (Codah), ont signé un partenariat de coopération visant, d'une part, à attirer les investisseurs et, d'autre part, à s'échanger des bonnes pratiques. Luc Lemonnier, maire (LR) du Havre et président de la Codah, comparant son port à « la porte d'entrée vers la mer la plus fréquentée du monde », avance le chiffre de 30 millions de consommateurs avec le bassin du « très grand Paris ».

Si sa ville compte aujourd'hui 170.000 habitants et sa métropole 275.000, l'élu rappelle que l'architecte Auguste Perret, à l'origine de la reconstruction après 1945, l'avait construite pour 400.000 : « Nous nous plaçons comme territoire support de ce développement économique. C'est pourquoi nous mettons tous les atouts de notre côté. Le Grand Paris a un intérêt direct pour le territoire havrais. »

Même l'ancien secrétaire d'État chargé du Développement de la Région capitale Christian Blanc avait fait le déplacement :

« Il y a dix ans, personne n'aurait pensé que cette discussion serait possible. Avec le président Sarkozy, nous avions décidé de lancer Paris ville-monde, avec l'évidence que la porte d'entrée essentielle du Grand Paris ne pouvait être que Le Havre. »

Les chiffres actuels semblent lui donner raison : le Havre est devenu le premier port à conteneurs français et Paris le premier port intérieur.

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Commentaires
a écrit le 14/06/2018 à 16:23 :
Évident. Ce pour quoi la liaison Seine-Nord semble contre-productive. Elle favoriserait (comme l'A1) les importations via Anvers et Rotterdam et leur profiterait. La Seine existe, on n'a pas à la creuser… Inutile de faire remonter les porte-conteneurs vers le Nord pour faire ensuite redescendre les marchandises…
Réponse de le 15/06/2018 à 4:13 :
Et si on augmentait l'attractivité du port plutôt que de boucher les canaux ?

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