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Anvers fait le pari de l'économie circulaire

Photo de Giulietta Gamberini

Giulietta Gamberini

Publié le 14 juin 2018 à 05:30 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:51

Port d'Anvers

Anvers, deuxième port d'Europe derrière Rotterdam, génère actuellement 30% des émissions de gaz à effet de serre des Flandres.

iStock

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Dans son plan stratégique pour la période 2018-2020, le port d'Anvers prévoit de développer les échanges de matières et d'énergie dans la plateforme. 90 hectares seront consacrés aux synergies entre industrie pétrochimique traditionnelle et sociétés développant une chimie renouvelable. L'enjeu est de réduire les émissions de CO2 et d'accroître l'efficacité économique.

Pendant les cinq dernières années, le volume des marchandises n'a cessé d'augmenter dans le port d'Anvers. Mais afin de garantir la robustesse de sa plateforme sur le long terme, le deuxième port en Europe après celui de Rotterdam sait qu'il doit revoir partiellement son identité, aujourd'hui ancrée sur la force du plus grand complexe pétrochimique du Vieux Continent.

«Le pétrole va certainement durer encore quelques années. Mais des alternatives plus durables pour l'industrie chimique émergent déjà, et nous ne voulons pas passer à côté »,explique le directeur des relations clients, William Demoor.

"Un enjeu de compétition"

Dans son plan stratégique 2018-2020, le port, qui représente 30% des émissions de gaz à effet de serre des Flandres, a pour objectif de développer l'économie circulaire sur sa plateforme : échanges de matière, d'énergie et de connaissances entre industries, pour faire des déchets des uns les ressources des autres.

«C'est désormais aussi un enjeu de compétition par rapport à d'autres ports du monde qui se lancent dans la même aventure. Mais, de ce point de vue, notre excellence dans la pétrochimie est aussi un avantage »,souligne le directeur des relations clients.

Répondant à une logique de développement durable comme d'efficacité, des initiatives, qu'il s'agit de soutenir, existent déjà. C'est par exemple le cas de la joint-venture constituée par le leader de la chimie BASF avec la société Avantium, spécialiste de la « chimie renouvelable », qui doit aboutir à l'installation d'une usine dans l'enceinte du port. Un réseau industriel de vapeur est aussi en train d'être construit pour relier des entreprises du port avec un incinérateur de déchets.

Le plan stratégique prône toutefois une montée en puissance, à laquelle il consacre l'une des zones réservées à l'expansion du port : les 90 hectares de l'ancienne usine Opel de General Motors, dite "zone Churchill", fermée en 2010 et depuis en attente d'une nouvelle destination.

Chaleur résiduelle, vapeur, CO2... tout flux est envisagé : cette aire « deviendra un site stratégique consacré à des synergies entre sociétés industrielles et durables », promet William Demoor. Un appel d'offres a été lancé et sera clôturé en août. « Parallèlement, nous étudions comment attirer certains acteurs "proactivement" », avec notamment des prévisions sur les avantages économiques, ajoute le directeur des relations clients.

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L'extension du réseau de pipelines du port prévue

Parmi les actions que le port compte mener, William Demoor mentionne par exemple l'extension du réseau de pipelines : ce qui devrait être facilité par l'acquisition, en novembre 2017, de NMP, une société belge qui en contrôle quelque 700 kilomètres.

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Certes, dans un premier temps il s'agira surtout de projets pilotes, les contraintes, notamment en termes de volumes de la matière et de l'énergie résiduelles, étant trop importantes pour un passage à l'échelle, explique William Demoor. L'échec du projet à presque 4 milliards d'euros de l'entreprise saoudienne Energy Recovery Systems Company, qui voulait transformer 3,5 millions de tonnes de déchets non recyclables britanniques en ammoniaque et urée vertes chaque année, sert de précédent. Mais le potentiel existe, puisque nombre de grandes sociétés du site se montrent intéressées par la démarche d'économie circulaire, assure-t-il : « Les pétrochimistes sont conscients de la nécessité de la transformation. »

Giulietta Gamberini

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