La voiture autonome, le taxi-robot… science-fiction ou réalité ?

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Photo d'illustration. L'un des enjeux dans l'avenir de la voiture autonome est celui de son acceptabilité par le public.
Photo d'illustration. L'un des enjeux dans l'avenir de la voiture autonome est celui de son acceptabilité par le public. (Crédits : Capture d'écran PSA)
FORUM PARIS CITY LIFE. Le véhicule sans conducteur a encore du chemin à faire avant de révolutionner les mobilités. Avant cela en effet, il faudra trouver des réponses adéquates à plusieurs questions, telles que l’usage, le modèle économique, l’acceptabilité, la sécurité.

La voiture autonome atterrit-elle avant même d'avoir véritablement décollé ? Si ces dernières années, les innovations des constructeurs et des géants technologiques n'ont cessé de nourrir l'imaginaire et les espoirs, les véhicules sans chauffeur sont loin de courir les rues... Où en est exactement aujourd'hui la promesse de cette technologie ? Selon Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte, intervenu lors d'une table ronde au Forum Paris City Life, « il y a beaucoup de projets de véhicules autonomes dans le monde. Se pose aujourd'hui la vraie question, celle de savoir à quoi cela sert »...

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La RATP expérimente les cas d'usage

C'est justement l'un des enjeux sur lesquels planche la RATP dans le cadre de ses projets d'expérimentation de mobilité autonome.

« Nous regardons à la fois les capacités technologiques - ce que la technologie peut réellement faire et jusqu'où - à quel coût, dans quelles conditions et pour quel usage», explique Côme Berbain, directeur de l'innovation de la RATP.

L'opérateur des transports publics teste ainsi depuis 2017 la navette autonome pour desservir le secteur du bois de Vincennes. Autre type d'usages à explorer : le dernier kilomètre, pour permettre aux personnes de rejoindre le RER sans prendre le volant, ou la zone dense. À cet égard, « nous réfléchissons à comment insérer ce type de service dans une zone dense comme Paris et voir qui l'utilisera », détaille ainsi ce responsable.

À la recherche de modèles économiques

Cette diversité d'usages et de zones jouera également dans la détermination des modèles économiques des projets expérimentés par la RATP. « Paris intramuros ou l'extrémité d'un RER ne représentent pas la même densité. Ce ne seront donc probablement pas les mêmes véhicules », précise Côme Berbain. Le taxi volant, sur lequel la RATP commence à se pencher, représentera encore un autre cas bien distinct, « pour une population différente et un modèle économique différent en matière de fréquence ».

En somme, « à chaque fois que nous testons un projet, nous regardons les coûts d'opération, d'acquisition, de maintenance et de gestion pour être capable de discuter avec l'autorité organisatrice des mobilités de ce qui est économiquement faisable et finançable », conclut-t-il.

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De son côté, Anne-Marie Idrac, haute représentante pour le développement des véhicules autonomes, note que « pour que les marchés de flottes soient efficaces, si on veut que ce ne soit pas simplement une affaire de contribuable, il faut trouver des cas d'usage où l'on puisse suffisamment remplir les voitures pour que cela vaille le coup de les faire tourner et donc d'y investir ».

La question de l'acceptabilité

Autre sujet clé dans l'avenir de la voiture autonome, celui de son acceptabilité par le public.

« Aujourd'hui, la moitié des usagers des transports se disent intéressés, mais l'autre moitié est inquiète, analyse Anne-Marie Idrac. Les craintes portent sur la sécurité, la perte de liberté, la question des données et la cyber-sécurité ».

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Et la réglementation pointe son nez... « Ce n'est pas n'importe où, n'importe comment, pas avec un seul voyageur à bord, pas avec n'importe quel partage des données que cela fonctionnera, avance-t-elle. Pour conclure : « On revient donc bien dans le champ habituel : il faut réguler les technologies pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes ».

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Commentaires
a écrit le 20/01/2020 à 13:54 :
La voiture autonome n'est pas la priorité. La priorité, le domaine dans lequel doit se concentrer l'essentiel des investissements des constructeurs (et là on parle de centaines de milliards de dollars sur les 5 prochaines années ), c'est le réduction des émissions de CO2 et de polluants.
a écrit le 20/01/2020 à 12:15 :
C'est surtout l'inutilité de la chose qui fait sourire... la mobilité inutile n'est nullement étudié!
a écrit le 19/01/2020 à 18:51 :
Stoppons tout de suite les recherches dans ce domaine et légiférons vite pour qu"aucune de ces voitures ne roule en France. On veut créer l'arme ultime pour les terroristes qui n'auront même plus besoin d'embrigader des Kamikazes , puisqu'on leur livre les clefs du vecteur de leurs méfaits !

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