Pourquoi l'avènement d'une démocratie énergétique est nécessaire

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Ainsi les formes d'énergie intermittentes, telles que le vent et le soleil, peuvent être couplées à des sources d'énergie permanentes, telles que l'hydroélectricité, la géothermie et la biomasse.
Ainsi les formes d'énergie intermittentes, telles que le vent et le soleil, peuvent être couplées à des sources d'énergie permanentes, telles que l'hydroélectricité, la géothermie et la biomasse. (Crédits : © Reuters/Jean-Paul Pélissier)
A l'occasion du Forum Smart City du Grand Paris, organisé par La Tribune les 26, 27 et 28 novembre prochains à l'hôtel de ville de Paris, experts, politiques et entrepreneurs ont pris la parole dans un numéro spécial consacré à la ville intelligente. Pour Joël de Rosnay, président exécutif de Biotics International, nous avons besoin d'un projet politique et industriel inédit, qui implique une approche systémique et combinatoire de l'énergie.

La transition énergétique est complexe, car certains pays sont engagés de manière différente sur le long terme. De plus, la contestation des populations va s'accroître en raison de la critique de la centralisation des moyens de production, du quasi-monopole de la distribution de l'énergie, et de la déresponsabilisation des citoyens devant la production et la distribution de l'énergie. Nous avons donc besoin d'un nouveau projet politique et industriel qui implique une approche systémique et combinatoire de l'énergie. On ne peut plus raisonner en termes de filière ou de centrale, mais en termes de matrice multimodale et de production décentralisée. Ce qui implique la convergence des économies d'énergie, de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables, combinées dans un bouquet énergétique produisant de l'électricité distribuée par des réseaux électriques intelligents.

La nécessité d'une démocratie participative et énergétique

Ainsi les formes d'énergie intermittentes, telles que le vent et le soleil, peuvent être couplées à des sources d'énergie permanentes, telles que l'hydroélectricité, la géothermie et la biomasse. Le réseau électrique intelligent joue un rôle fondamental dans cette stratégie d'avenir, car il est le catalyseur de la mixité énergétique. Les avantages d'une telle politique de l'énergie sont la souplesse, l'adaptabilité, la création d'emploi, une croissance verte à deux chiffres et surtout la responsabilisation des citoyens. Le problème est que certains pays ne pourront pas tout faire. En France, les investissements nécessaires dans l'énergie nucléaire, pour assurer à la fois la sécurité, le démantèlement des centrales, et le stockage des déchets radioactifs, vont coûter des centaines de milliards d'euros durant les années à venir.

De même que les investissements dans les « 3 E », économies, efficacité grâce aux énergies renouvelables et réseaux électriques intelligents. Il sera difficile de concilier la suppression progressive des uns et la montée en régime des autres. C'est pourquoi, des choix déterminants devront être faits au cours des dix prochaines années. La réussite de la transition énergétique passe par l'avènement d'une démocratie énergétique participative qui motive et responsabilise les citoyens, par la décentralisation, le bouquet, les réseaux intelligents et les économies d'énergie. C'est une approche multidimensionnelle mieux adaptée aux rapports de flux, énergétiques, financiers et de connaissances, qui s'ouvrent vers le partage et la solidarité internationale.

 

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a écrit le 02/12/2015 à 17:41 :
Monsieur gerard student,

Areva a présenté en 2014 une dette de 4,8 milliards d'€. D'où pensez-vous que provient tout cet argent? Si Areva était une entreprise classique, le dépôt de bilan aurait été prononcé depuis longtemps. Une réponse à tout cela?

Quant au démantellement, on peut lire sur wikipedia "La Cour des comptes évaluait en 2005 le coût du démantèlement de la centrale de Brennilis à 482 millions d'euros, soit 20 fois plus que l'estimation de la commission PEON qui est à l'origine du parc nucléaire français actuellement en exploitation", je ne suis pas expert en la question mais il me semble que ces coûts ont été sous-estimés et que le procédé même de démantèlement n'est pas maîtrisé à l'heure actuelle.

Enfin pensez-vous réellement que des éoliennes ou installation photovoltaïques puissent être à l'origine de réactions violentes?
Avez-vous entendu parler d'émeutes suite à l'inauguration de la plus grande centrale photovoltaïque d'Europe à Cestas en Gironde en 2015? Il ne me semble pas...

Ce serait plutôt à vous de vérifier vos affirmations avant d'accuser l'auteur de cet article.
a écrit le 29/11/2015 à 17:47 :
@Joel de Rosnay
Vous avez tout faux ; le mirage des EnR (énergies renouvelables intermittentes) que vous décrivez, qui remplacerait le système électrique centralisé dont ne voudraient plus nos concitoyens, et qui sauverait notre économie est un leurre dangereux que vous voudriez faire gober à des politiques dont les bases scientifiques ne sont pas toujours très solides.
D'abord, la multiplication des champs d'éoliennes et de panneaux solaires que vous appelez de vos vœux conduirait vite à des réactions violentes dont Sivens n'est qu'un pale échantillon.
Ensuite l'intermittence de ces sources ne peut être compensée que pour autant que l'on n'excède pas 30% d'EnR dans le mix de production ; ce principe physique maintes fois démontré (sauf à faire croire comme l'ADEME que l'on sait stocker l'électricité) est intangible, tout du moins dans l'état actuel des connaissances scientifiques.
Les emplois Verts créés sont éphémères, car ils n'existent que pendant la courte période de construction des éoliennes ou panneaux solaires, soit quelques mois ; les 20 années d'exploitation qui suivent ne créent quasiment aucun emploi, car ces installations sont opérées de manière automatique.
Enfin, l'argument que le nucléaire aspirerait l'argent public et empêcherait le développement des EnR est un mensonge éhonté : c'est même l'inverse !!
Car le parc nucléaire a été construit sans un seul euro d'argent public, et ce bien que l'Etat soit l'actionnaire principal d'EDF ; de plus les provisions nécessaires à sa déconstruction ont été constituées tout au long de son exploitation (cf. la Cour des Comptes). En revanche, les EnR sont subventionnées "à l'insu de leur plein gré" par tous les consommateurs d'électricité au travers d'une taxe dite CSPE, qui grève de 15% en 2015 chaque facture EDF.
Vos propos sont donc totalement biaisés et pourraient devenir dangereux si des décideurs se mettaient à y croire. Espérons donc qu'ils sont bien mieux conseillés.

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