Formule 1 : la fin d’un monde
Stéphane Colineau
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La monoplace Alpine d’Esteban Ocon, jeudi à Bakou, lors des essais du GP d’Azerbaïdjan.
LTD / HASAN BRATIC/IMAGO/NORDPHOTO VIA
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La monoplace Alpine d’Esteban Ocon, jeudi à Bakou, lors des essais du GP d’Azerbaïdjan.
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Tous pourraient dérouler la même histoire. Elle commence par la naissance de leur vocation, un dimanche après-midi devant un écran où rugissent des moteurs de formule 1. Elle se poursuit par des études dans les meilleures écoles d'ingénieurs. Et connaît son apothéose lorsqu'ils poussent la porte du centre de recherche et développement Renault de Viry-Châtillon (Essonne), 17 000 mètres carrés de pure technologie répartis en trois bâtiments. Le saint des saints, d'où ont jailli des moteurs douze fois champions du monde de F1, dont le célébrissime turbo, depuis 1977.
« On a tous rêvé de travailler sur ce site et d'autres jeunes grandissent en projetant une carrière ici », confie un ingénieur maison, sous le choc des annonces de Philippe Krief. Le 23 juillet, le directeur général d'Alpine, mandaté par le PDG de Renault, Luca de Meo, a fait part de son intention de recourir à un autre motoriste, probablement Mercedes, pour équiper ses monoplaces à partir de 2026. L'issue devrait être officialisée à la fin du mois. À moins que la mobilisation des 334 salariés, des 150 employés de prestataires et du maire Jean-Marie Vilain, ému aux larmes jeudi lors d'un rassemblement organisé au siège de Renault par la CGT, ne change la donne.
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« On sait qu'il sera très difficile de faire changer Luca de Meo de position mais on veut y croire », pose Clément Gamberoni, l'un des porte-parole des contestataires. Dans le cas contraire, Viry-Châtillon, avec ses légendaires bancs d'essai et ses photos d'Alain Prost et de Michael Schumacher qui ornent les murs, perdrait sa raison d'être. Et la France un fleuron, assurent ses ingénieurs : « Nous développons l'un des quatre moteurs les plus efficients au monde, les voitures de F1 représentent l'un des plus grands accomplissements technologiques, à l'image d'Ariane, du Concorde, du TGV, des centrales nucléaires. »
Stéphane Colineau