ENTRETIEN - La ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques alerte sur les risques liés à l’éventuelle arrivée au pouvoir des extrêmes, à vingt jours de l’événement.Vendredi matin, avant de s'envoler pour l'Allemagne afin de soutenir l'équipe de France de football face aux Pays-Bas, Amélie Oudéa-Castéra nous reçoit dans son bureau au ministère. L'occasion de faire le point à un peu plus d'un mois des JO, au cours desquels elle pourrait ne plus être en fonction.
LA TRIBUNE DIMANCHE - La potentielle accession du RN au pouvoir fait-elle peser un risque sur les Jeux olympiques ?
AMÉLIE OUDÉA-CASTÉRA - Je ne me place pas dans cette perspective. Je reste concentrée sur leur préparation, tout en ayant la certitude que rien n'est joué dans cette élection. D'ailleurs, les lignes ont commencé à bouger. L'enjeu mobilise les Français et un sursaut républicain peut s'exprimer. Pour les Jeux olympiques et paralympiques, on a fait tout ce qui était de notre responsabilité pour assurer une bonne préparation. Il n'y a donc pas d'inquiétude à avoir à ce stade. En revanche, les Jeux peuvent agir comme une corde de rappel : ils nous aident à nous projeter concrètement et rapidement dans le « jour d'après ». En nous posant la question de ce à quoi on veut ressembler - ou pas - demain, et de notre message pour le monde. Est-ce un message d'ouverture ou de repli ? D'inclusion ou de stigmatisation de l'autre ? D'action pour la paix ou d'instrumentalisation des tensions géopolitiques ?
Le message des Français a été clair, non ?
Dans le scrutin européen, les Français ont exprimé une colère. Elle a été entendue : c'est le sens de la dissolution. Désormais, il faut une nouvelle majorité pour gouverner le pays de manière responsable, tout en procédant aux changements de fond et de méthode évoqués par le Premier ministre. On a besoin de faire évoluer l'action publique, qu'elle produise des résultats plus tangibles plus vite pour nos concitoyens. Pour autant, il ne faut pas renoncer à ce qui a fait le ciment de notre République et la force de nos valeurs.
Propos recueillis par Solen Cherrier