Ski : Fusta démarre tout schuss
Françoise Sigot
Françoise Sigot
Comme beaucoup d'histoires entrepreneuriales, celle de Julien Douzal est intimement liée à une passion. En l'occurrence la glisse. « Je ne me souviens pas avoir appris à skier », sourit le jeune chef d'entreprise. C'est donc parce qu'il voulait une paire de ski « utilisable à la fois dans la poudreuse et sur les pistes bien damées » que Julien Douzal a construit seul dans son garage ses propres skis. Sa famille et quelques rares amis ont aussi eu droit à une paire de ski « maison ». De quoi susciter la curiosité qui vire vite à l'envie... « Au pied des pistes, tout le monde venait me voir pour me demander où j'avais acheté mes skis », se souvient celui qui en octobre 2014 a fait le choix de vivre uniquement pour sa passion.
« Le déclic est venu de mon frère qui un jour m'a appelé en me disant qu'il avait trois personnes autour de lui qui voulaient absolument les même skis que lui, raconte le fondateur des skis Fusta. J'ai bricolé tant bien que mal un devis et ces trois personnes ont immédiatement passé commande". En quelques mois, le jeune homme réunit quelques machines, prend attache avec des fournisseurs potentiels, loue un atelier à deux pas de chez lui, à Saint Babel dans le Puy-de-Dôme, et dépose les statuts de sa société en octobre 2014. Résultat : en un an, les skis Fusta ont déjà séduit des dizaines de clients.
Autant de matériaux originaires de France, puisque le fondateur de la marque auvergnate a choisi de travailler sur l'éco conception.
Ingénieur mécanicien de formation, Julien Douzal réalise lui-même tous les plans de ses modèles qu'il fabrique également seul, même s'il peut compter sur l'aide ponctuelle de son frère. Quant au commercial, la stratégie est principalement axée autour de la vente en ligne à partir du site de la société et de « ski tests » organisés dans les stations. « Nous en avons fait plusieurs dizaines la saison dernière et nous continuons cette année », annonce le jeune chef d'entreprise qui peut aussi compter sur le bouche à oreille. Les skis auvergnats sont donc également bien référencés par les bloggeurs de l'univers de la glisse et par quelques revendeurs. En un an, Fusta a réalisé de l'ordre de 35 000 euros de chiffre d'affaires et flirte avec la rentabilité.
Pour poursuivre sur sa lancée, Julien Douzal évalue son rythme de croisière aux alentours d'une bonne centaine de paires par an. « Je souhaite conserver la maitrise de la fabrication, donc au-delà de 150 paires par an, ce sera plus compliqué », estime t-il. D'autant que la jeune entreprise mise sur le sur mesure. Vendus à partir de 850 euros sans fixation, les skis Fusta peuvent non seulement s'adapter à différents types de glisse, mais également d'envies.
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Alors que la saison de ski démarre à peine, les commandes vont déjà bon train et la jeune entreprise a déjà anticipé l'arrivée de l'été. Fusta vient en effet de lancer, avec le concours d'un opticien, la marque de lunettes de soleil Wood Light entièrement en bois et totalement personnalisables.
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