Décarbonation, R&D, responsible chemistry... Le plan du chimiste de l’eau SNF pour atteindre la neutralité carbone
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Au total, SNF va investir 280 millions d'euros en 2021, dont 70 en France. Une bonne part de ces 70 millions sera affectée au site ligérien, où travaillent 1.400 salariés.
TRANSITIONS ECOLOGIQUES. Avec près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 6.000 salariés à travers le monde, le chimiste ligérien SNF est un poids lourd dans le domaine de l'eau. Et pour la première fois, il s'est fixé des cibles concrètes en matière de réduction de son empreinte carbone et d'utilisation des ressources naturelles. Objectif : démontrer que son business n'est pas incompatible avec des engagements environnementaux, en utilisant plusieurs leviers combinant décarbonation de l'énergie, nouvelles technologies et responsible chemistry.
SNF publie son rapport ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) depuis trois ans. Mais, pour la première fois, le groupe ligérien de chimie de spécialité de l'eau s'est aussi fixé des objectifs.
Son horizon est désormais officiellement aligné sur la Loi européenne sur le Climat, à savoir une neutralité carbone pour 2050. Avec un jalon en 2030 à moins 30% d'intensité carbone et à moins 20% d'intensité eau.
Leader mondial de la production de polymères hydrosolubles, SNF (CA 2020 : 3 milliards d'euros, 6.600 salariés) intervient en particulier sur les marchés de la production d'eau potable et du traitement des eaux usées. Mais aussi, et massivement, sur les secteurs des mines, de l'extraction de gaz et de pétrole ou encore de la fabrication de papier : autant de secteurs régulièrement pointés du doigt par les défenseurs de l'environnement.
Un business qui n'est pour autant pas incompatible avec des engagements environnementaux selon Pascal Remy, pdg du groupe cofondé en 1978 par René Pich, toujours actionnaire. "Tant que ces activités existeront, autant les accompagner à être le moins impactantes possible pour l'environnement", résume-t-il.
"Nos produits permettent de réduire par trois la consommation d'eau nécessaire à l'extraction d'un baril de pétrole par exemple. Aujourd'hui, la planète consomme 100 millions de barils par jour. En 2050, ce sera encore 60 millions, peut-être plus. Il y aura forcément une transition longue, quelles que soient les positions et les engagements des uns et des autres. Il vaut donc mieux travailler à une production propre".
Des émissions de C02 en baisse
Pour Pascal Rémy, les entreprises françaises de la chimie doivent montrer la voie de la transition, "même si elles sont déjà très vertueuses sur le sujet et ne représentent qu'une goutte d'eau, face au reste du monde et à d'autres activités bien plus impactantes".
Pascal Remy insiste ainsi sur les "seulement" 500.000 tonnes équivalent CO2 produites par SNF chaque année dans le monde, qu'il met en regard des volumes produits par ses pairs ou des millions de tonnes à inscrire au débit des cimentiers par exemple.
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