L'Isérois King Jouet, comme l'ensemble des acteurs de la distribution du jouet, doit faire face aux pénuries de produits fabriqués en Asie, ainsi qu'à l'explosion des coûts du transport. Une situation que le réseau isérois, parmi les leaders français de la distribution spécialisée de jouets, réussit pour l'instant à gérer mais qui génère inquiétudes et repositionnements, en marge de grands rendez-vous comme le Black Friday et les fêtes de Noël."Oui, il y aura des ruptures sur certains jouets. Beaucoup plus que d'habitude, c'est certain. Mais il ne faut pas non plus dramatiser la situation. Les enfants auront des jouets sous le sapin pour Noël".
Philippe Gueydon se veut rassurant. Il est à la tête de King Jouet (260 magasins, pour un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en France et 1.200 salariés), et depuis aout 2020, de Maxi Toys (120 millions d'euros de CA en France et 600 salariés). Au total, l'ensemble pèse 11% des parts de marchés françaises, ce qui en fait le premier acteur physique de la distribution de jouets. Philippe Gueydon est également co-président de la Fédération des commerces spécialistes du jouet et des produits de l'enfant (FCJPE).
"Nous estimons, sur la filière des distributeurs spécialisés, à environ 10% notre taux de rupture pour début décembre. Cela signifie qu'un jouet annoncé sur 10 ne pourra pas être présenté dans les linéaires. C'est trop évidemment, mais par rapport à d'autres secteurs, cela reste raisonnable. Il va falloir que les familles anticipent plus que d'habitude, en particulier sur les jouets stars de l'année".
Cette pénurie s'inscrit dans un contexte général d'approvisionnement tendu pour la quasi-totalité des secteurs d'activité, en particulier pour les produits fabriqués dans les usines chinoises.
Or, selon Philippe Gueydon, les deux tiers des jouets vendus en France viennent justement d'Asie.
Augmentation limitée des prix mais marges en berne
A cette problématique des ruptures, les distributeurs de jouets doivent également ajouter celle des hausses de prix, liées notamment à l'envolée du tarif du transport maritime.
"Nous avons, par exemple, un ours en peluche qui vient de Chine dans nos rayons. Jusqu'ici, son prix de revient pour King Jouet était de 20 euros, dont 4 euros liés au fret. Ces 4 euros sont devenus 15 euros... Ce même produit nous revient donc désormais à 31 euros, presque 50% plus cher...", illustre Philippe Gueydon, expliquant qu'il ne peut répercuter une telle hausse sur les consommateurs. Le prix de vente de ce fameux ours en peluche a ainsi été réévalué de seulement 20%.
Stéphanie Gallo Triouleyre