Connu pour ses livraisons en charrette et son positionnement sur l'alimentation saine et locale, le restaurateur lyonnais le Moulin (et ses 80 salariés) souffre de la vague Omicron, qui représente pour lui un ultime coup de massue. Après six années de croissance exponentielle, il s'est fixé l'objectif de sauver 10 emplois sur les deux prochains mois, à travers une opération originale : la vente de 12.000 cookies artisanaux. Un appel à l'aide visiblement entendu : les objectifs quotidiens sont déjà largement dépassés.L'homme est particulièrement ému. La voix mal assurée et les yeux brillants, il souligne la joie de voir enfin ses équipes sourire, être enthousiasmées par un défi. "Pas un défi pour que ce soit un peu moins la galère, comme c'est le cas depuis deux ans, non, un vrai défi vraiment positif". Tom Thiellet, le patron des enseignes lyonnaises Le Moulin, spécialiste de la restauration rapide élaborée à partir de produits "de bonne qualité, si possible bio et locaux", fait référence à l'initiative "super cookies" qu'il a lancée le 31 janvier.
L'idée ? Confectionner et vendre (dans ses deux boutiques, en livraison ouen expédition) 12.000 paquets de 6 cookies (12 euros) sur les huit prochaines semaines. Cette recette lui permettrait de générer l'activité nécessaire pour financer l'activité de dix de ses salariés pour les deux prochains mois, le temps qu'il espère nécessaire pour que cette cinquième vague Covid en finisse avec ses remous.
L'opération démarre sur des chapeaux de roue : alors que l'entrepreneur tablait sur 300 paquets de cookies vendus par jour, il affichait déjà ce mercredi soir un score à près de 400 paquets. Soit près de 400 paquets vendus par jour.
"C'est une vraie bonne surprise, nous avons déjà assuré l'emploi de six personnes pour un mois. C'est extraordinaire. Cela faisait deux ans que nous n'avions plus eu de vrai succès, de vrai motif de satisfaction".
Télétravail et restrictions sanitaires
Si Tom Thiellet est si touché par ce résultat inattendu, c'est parce que depuis plusieurs mois, il se débat, avec son associée Mathilde Arrault et leurs 80 salariés, pour survivre.
Pourtant, depuis 2014, l'entreprise devenue un acteur clé de la place lyonnaise de l'Economie Sociale et Solidaire connaissait une croissance annuelle moyenne de chiffre d'affaires de 45%.
Stéphanie Gallo Triouleyre