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L'Auvergne, plutôt que la Chine : pourquoi Rochias fait le pari de relancer une filière d'ail régionale

Zoé Favre d'Anne

Publié le 27 mai 2022 à 05:00 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 00:33

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ail rochias

Actuellement, Rochias produit 300 tonnes d'ail déshydraté, et son objectif est d'atteindre les 1.000 tonnes produites d'ici deux saisons dans la région, ce qui représente une surface de 100 hectares.

DR Rochias

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En région, on connaît l'ail drômois ou l'ail rose de Billom (Puy-de-Dôme), mais c'est sur un tout autre marché que veut se développer l'auvergnat Rochias. Ce spécialiste des condiments transformés depuis 1872 a été repris en 2019 par deux co-dirigeants, qui souhaitent désormais développer une filière d'ail régionale, sous une forme précise : l'ail déshydraté. Un marché jusqu'ici monopolisé par la Chine, mais que Rochias souhaite conquérir en recréant et valorisant une filière auvergnate.

Relancer la filière d'ail déshydraté en région. Tel était l'objectif d'Eric Villain et Thierry Sclapari, co-dirigeants, lorsqu'ils ont repris l'auvergnat Rochias, en novembre 2019. Spécialiste dans les condiments transformés depuis 1872, la société basée à Issoire (Puy-de-Dôme) se positionne comme un leader européen et fournit déjà pour des grands groupes comme Danone, Bonduelle, Blédina, Fleury Michon... mais jusqu'ici, elle faisait plutôt appel à des fournisseurs comme la Chine, qui demeure le premier producteur mondial, ou encore l'Argentine ou l'Espagne.

"L'ail représentait déjà une opportunité dans l'industrie agroalimentaire, pour faire des produits locaux sur un marché important", explique Thierry Sclapari.

Rochias vise déjà un marché bien précis : celui de l'industrie agroalimentaire. "Il y a de l'ail dans les produits de la mer, les plats préparés, ou le formage...", énumère Thierry Sclapari. "L'industrie en consomme en petite quantité, mais dans beaucoup de produits." Ce qui représente environ 50.000 tonnes par an.

En région, c'est l'ail drômois qui était jusqu'ici le plus connu pour son IGP, un créneau sur lequel la filière régionale s'était recentrée au fil des années, en abandonnant le reste des cultures, au profit d'autres productions plus rentables et mécanisées.

Si bien qu'en 2019, "la Drôme a produit 468 hectares d'ail, sur les 3.485 hectares d'ail sec produits en France, soit une production nationale de plus de 25.000 tonnes". Ce qui positionne déjà la France comme "le quatrième producteur européen d'ail, après l'Espagne, la Roumanie et l'Italie", selon Euobulbe, la filière de l'ail.

Un belle position, mais qui ne lui laisse toujours pas de quoi rivaliser avec la Chine sur le marché du déshydraté, "Aujourd'hui, 99% du  marché de l'ail déshydraté est d'origine chinoise", explique le co-dirigeant de Rochias. Son entreprise produit quant à elle 300 tonnes d'ail déshydraté. Sachant qu'il faut quatre kilos d'ail frais pour produire un kilo d'ail déshydraté.

Recréer une filière en Auvergne

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Rochias s'approvisionnait jusqu'ici grâce aux invendables, venant de France ou d'Espagne. L'ail drômois étant trop qualitatif - donc cher -, il ne semblait pas pertinent de le déshydrater. Mais les invendables ne sont pas non plus fiables, "parfois, on en a, et parfois non. Sans compter que lorsqu'on achète des écarts de production, on ne connaît pas la qualité au préalable", commente Thierry Sclapari.

Zoé Favre d'Anne

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