C'est une petite révolution à l'aube de la mise en œuvre des mesures du « plan eau », promises par Emmanuel Macron aux abords du lac de Serre-Ponçon (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes) en mars dernier. Les six Agences de l'eau du territoire, qui opèrent une partie ce plan de réduction de 10 % des prélèvements en eau à horizon 2030, ne se verront finalement pas dotées tout de suites des fruits de la hausse fiscale pourtant annoncée.
La Première ministre, Elisabeth Borne, a en effet déclaré en début de semaine renoncer à la hausse de 20 % de la redevance pour pollution diffuse (RPD), perçue sur la vente de pesticides (représentant environ 30 millions d'euros de recettes) et du rehaussement du plancher de la redevance sur l'irrigation (environ 17 millions d'euros) dans le projet de loi de finances 2024, après avoir reçu mardi les délégués du premier syndicat agricole, la FNSEA.
Ces recettes, d'un montant total estimé à 47 millions d'euros, devaient pourtant abonder en partie la mise en œuvre du « plan eau » par les Agences de l'eau à partir de 2025. Celui-ci prévoit notamment une augmentation de leur budget d'environ 20 % (soit 475 millions d'euros d'aides supplémentaires distribuées chaque année par les six Agences en France). Ou plutôt, une augmentation de leur « droit à prélever » la redevance sur l'irrigation, au même titre qu'une dizaine d'autres taxes collectées auprès des collectivités territoriales, des industriels et des agriculteurs irriguant.