Une vingtaine d’éleveurs de Savoie se mobilisent pour réclamer une modification du cahier des charges de l’AOP Reblochon. Trop restrictif à leur goût, celui-ci empêcherait une utilisation optimale des robots de traite. La question divise la filière. Le syndicat interprofessionnel du Reblochon, qui représente les 600 éleveurs, ne souhaite pas intervenir en ce sens auprès de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité.Le cahier des charges actuel de l'Appellation d'Origine Protégée (AOP) Reblochon est clair quant au sujet de la traite : les robots sont autorisés dans la mesure où le règlement s'appliquant à tous est respecté. À savoir, deux périodes de traite quotidienne dans la journée, de quatre heures chacune, entre lesquelles une interruption de huit heures doit absolument être observée.
C'est ce point, précisément, que conteste depuis une dizaine d'années le Syndicat professionnel des producteurs de lait AOP (Syprol). Deux de ses adhérents se retrouveront au Tribunal administratif de Grenoble le mois prochain afin de dénoncer l'avis défavorable de l'organisme de certification Certipaq, en charge du contrôle du respect du cahier des charges de l'AOP Reblochon. Une énième procédure dans une série de litiges opposant depuis une décennie l'organisme de certification et certaines exploitations agricoles ayant fait le choix du robot de traite. Litiges qui ont déjà mené à l'éviction de sept exploitations, auxquelles pourraient s'ajouter les deux fermes qui passeront devant le tribunal dans quelques semaines.
Des robots qui favoriseraient les nouveaux modes de vie des agriculteurs
C'est en 2012 que tout commence, lorsque le cahier des charges de l'AOP a été modifié pour introduire des modalités de traite jugées trop restrictives par le Syprol. Celui-ci s'était alors créé pour formaliser son désaccord avec le SIR, le syndicat interprofessionnel du Reblochon. Seul ce dernier pourrait être entendu par l'INAO, Institut National de l'Origine et de la Qualité, pour solliciter un assouplissement du cahier des charges.
Stéphanie Gallo Triouleyre