Alors que le virus de la dermatose bovine contagieuse apparu fin juin pour la première fois en France touche désormais 32 foyers dans une vingtaine d'élevages de Savoie et Haute-Savoie, le prochain enjeu pourrait-être celui, moins médiatisé, des fromages stockés, dont la consommation est pour l'heure suspendue.Ministère de l'Agriculture, préfectures, agriculteurs et syndicats d'éleveurs le répètent... la dermatose nodulaire, qui cristallise aujourd'hui les tensions au sein du monde agricole, n'est pas contagieuse pour l'homme et n'aurait aucun effet sur sa santé. Que ce soit à travers le contact avec les bovins touchés, ou même par la consommation des produits transformés issus du lait, comme le fromage. Il n'empêche : depuis la survenue du premier cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) le 29 juin dans un élevage d'Entrelacs (Savoie), les produits issus des exploitations où un cas de la maladie a été constaté ont été retirés et suspendus de la vente.
À l'heure où les deux départements de Savoie et de Haute-Savoie enregistrent désormais non plus un, mais 32 foyers et que les mesures de dépeuplement consistant à abattre l'entièreté d'un troupeau de vaches dès qu'un cas est déclaré se poursuivent, l'une des questions qui commence à monter est aussi celle de l'avenir des fromages issus du lait des élevages concernés. Si le ministère de l'Agriculture avait levé, au bout de quelques jours, l'obligation de pasteurisation des fromages - après une levée de boucliers des agriculteurs de la filière -, le retrait des produits provenant d'un élevage où un cas de DNC a été déclaré demeure la règle.
« À partir du moment où un cheptel laitier est déclaré positif, les autorités nous demandent de bloquer la commercialisation des lots remontent à 28 jours en arrière », résume le président de l'Association des fromages traditionnels des Alpes savoyardes (AFTAlp), Thomas Dantin. Une consigne qui revient à bloquer rapidement la production des coopératives locales, puisque la collecte du lait est le plus souvent réalisée par des camions mélangeant la production du lait d'un secteur lors de son ramassage.
186 tonnes de fromages en stand-by
« Cela fait déjà deux semaines et demie que nous demandons d'étudier la possibilité de les commercialiser : car si les produits sont sains et qu'il n'existe aucun risque sur la santé des consommateurs, pourquoi ne pas les consommer ? », ajoute Thomas Dantin. Pour certains, comme la tomme de Savoie, la durée d'affinage moyenne de 30 jours porte désormais les premiers produits suspendus début juillet à une décision sous une dizaine de jours maximum. « Auquel cas, ils devront être jetés. »