La filiale du groupe Casino, spécialisée dans l'énergie solaire photovoltaïque pour le retail et l'industrie, veut profiter de l'accélération généralisée de la transition énergétique pour investir près de 1,9 milliard d'euros dans les 5 prochaines années dans ses capacités de production d'énergie solaire photovoltaïque. Déjà présente en France à l'international, la pépite compte déjà parmi ses clients sa maison-mère Casino mais aussi Franprix, l'aéroport de la Réunion, ou encore la métropole de Saint-Etienne. Et envisage désormais une entrée en Bourse pour accélérer.D'ici 2025, GreenYellow, la deuxième pépite du groupe Casino (avec Cdiscount), devrait investir 1,9 milliard d'euros dans de nouveaux actifs à installer chez ses clients.
"Le pipeline de projets est déjà bien garni et nous sommes actuellement en discussion avec 1.000 clients environ", assure Otmane Hajji, le président de cette filiale du distributeur stéphanois ayant réalisé un chiffre d'affaires de 352 millions d'euros en 2020 (EBITDA : 62 millions d'euros dont 52% en France, 32% en Amérique du Sud, 14% en Afrique et Océan Indien, et 2% en Asie du Sud-Est) avec 500 collaborateurs.
C'est lui qui a mené le projet GreenYellow depuis le début, en 2007, en mode intrapreneurial, alors qu'il était jeune cadre de 26 ans en charge de l'activité immobilière du groupe. Son ambition d'alors : offrir à Casino une voie de diversification, tout en réduisant sa facture énergétique (400 millions d'euros par an).
355 megawatts crète installés
Près de 15 ans plus tard, l'ambition a évolué puisque GreenYellow compte désormais 350 clients, et vise un EBITDA de 250 millions d'euros en 2025, - soit quatre fois plus qu'aujourd'hui -, mais les fondamentaux sont toujours là.
Son créneau : la production décentralisée d'énergie verte, via le solaire photovoltaïque. Avec des cibles privilégiées : le retail (alimentaire ou non), la logistique et les industriels.
"Notre modèle s'appuie sur la production d'énergie propre et locale : nous investissons dans des installations solaires photovoltaïques chez nos clients et nous leur revendons de l'énergie verte et locale, en moyenne 10% moins cher que les distributeurs traditionnels en France. En Thaïlande, par exemple, notre énergie est 50% moins chère".
Au-delà de l'aspect commercial et économique, Otmane Hajji insiste sur la vertu de son business model : "Il s'agit de rapprocher la production d'énergie du consommateur, ce n'est pas un détail lorsqu'on sait que la moitié de la facture énergétique correspond en réalité aux frais de transport et de distribution".
Son ambition ? Participer à la transition écologique de ses clients, sans pour autant artificialiser de nouvelles surfaces : "Nous avons choisi d'équiper des toitures, des parkings etc, plutôt que d'installer de grandes installations dans des champs. Pour réussir à limiter la hausse de température à +1.5 degré d'ici 2050, il faut agir dès à présent, nous ne pouvons plus attendre".
Stéphanie Gallo Triouleyre