L'enjeu exploré par la start-up iséroise Rosi Solar est majeur. « Pour fabriquer un kilo de silicium, il faut en moyenne deux kilos de bois, trois kilos de quartz et un kilo de charbon. L'impact environnemental de la fabrication du silicium est énorme. Or, le silicium est la matière opérationnelle du panneau photovoltaïque, celle qui permet de transformer la lumière en énergie, celle qui permet d'accéder à une énergie renouvelable », insiste Yun Luo, polytechnicienne et physicienne, co-fondatrice de Rosi Solar avec Daniel Bajolet (ex VP de Rhodia et expert du silicium) et Guy Chichignoud (chargé de recherche au CNRS-laboratoire SIMAP de Grenoble et spécialiste de la purification du silicium).
Après plusieurs années de R&D, Rosi Solar a inauguré il y a quelques semaines sa première usine. Située à la Mure, en Isère, celle-ci est capable, actuellement, de recycler quelque 3.000 tonnes de panneaux photovoltaïques (soit 150.000 panneaux environ) selon un procédé unique (et breveté) permettant, sur ce volume, de récupérer environ trois tonnes d'argent et 90 tonnes de silicium.
Là où les autres acteurs du recyclage de panneaux photovoltaïques se contentent pour la plupart de les broyer pour une réutilisation en sous-couche routière par exemple, la jeune pousse iséroise s'appuie sur un procédé de pyrolyse et une technique de chimie douce permettant de récupérer du silicium pur, sans résidu carbone, ainsi que les fils d'argent à l'état solide.