Une petite centaine de personnes, des tables vides... La dixième réunion publique autour du projet de mine de lithium dans l'Allier, qui s'est déroulée hier soir à la Grande Halle d'Auvergne de Cournon près Clermont-Ferrand, n'a pas attiré les foules.
Et ce, contrairement aux autres rencontres qui, selon la Commission nationale du débat public (CNDP), avaient fait salle comble, comme à Montluçon où 450 personnes s'étaient déplacées. Pourtant, l'enjeu était important hier soir : il s'agissait de dresser un bilan à mi-parcours de ce débat public, qui va encore durer quatre mois et prendre fin début juillet.
« Sur l'ensemble des 10 rendez-vous, nous avons quand même eu en moyenne 3 à 4 fois plus de personnes que par rapport à d'autres débats comparables portés par la CNDP. Idem pour les contributions en ligne. Une grande partie du public est en attente d'informations. Nous avons aussi noté que, par rapport au début, les parties prenantes économiques, notamment la CCI et les syndicats professionnels, prennent plus de place dans les discussions », détaille Mathias Bourrissoux, président de ce débat publique.
Une forte mobilisation dans l'ensemble donc, mais aussi une forte crispation autour de ce projet minier, le premier sur le territoire métropolitain depuis plus de 50 ans (voir encadré). La multinationale Imerys, spécialisée dans la production et la transformation de minéraux industriels à l'origine du projet, a pris part aux échanges. Des échanges respectueux hier (plus que dans d'autres réunions, où des cris et des pleurs sont évoqués par les participants), même ce sont bien deux visions, deux points de vue irréconciliables qui se sont affrontés.
Avec d'un côté, les défenseurs de ce projet qui devrait créé 500 à 600 emplois directs et de l'autre, les « anti-mines », notamment les associations environnementales qui craignent des dommages sur la nature.