ENTRETIEN. Alors que le débat public consacré au projet de mine de lithium « Emili » vient de s'ouvrir dans l'Allier, la société Imerys doit répondre à de nombreuses questions structurantes : impacts environnementaux, acceptabilité, modèle et viabilité économique. Quelles sont les premières réponses de la société sur ce projet présenté avant tout comme « souverain », visant à alimenter chaque année l'équivalent de 700.000 batteries de véhicules électriques ? Eléments de réponse avec Alan Parte, directeur des deux projets lithium d'Imerys en Europe.
Ce serait l'une des plus grandes mines de lithium à l'échelle européenne : le projet « Emili », porté par la multinationale française Imerys, vise à extraire et à raffiner dans l'Allier (Auvergne) cet « or blanc » sous forme rocheuse, notamment utilisé dans la fabrication des batteries de véhicules électriques, à horizon 2028.
Pour autant, cette nouvelle activité minière, qui serait située sous la carrière d'extraction des kaolins de Beauvoir, déjà existante (afin de fabriquer la porcelaine de Limoges), pose de nombreuses questions sur les plans environnementaux, sociaux et économiques. Alors qu'un débat public de quatre mois s'est ouvert la semaine dernière, Alan Parte, directeur des deux projets lithium d'Imerys en Europe (dans l'Allier et en Cornouailles), répond aux questions de La Tribune.
LA TRIBUNE - Mardi 12 mars, des participants à la première réunion du débat public ont soulevé de nombreuses questions à Moulins (Allier), où près de 180 personnes étaient réunies : à la fois sur les plans environnementaux, mais aussi sur des enjeux de société, par exemple sur les usages des batteries électriques vers les véhicules SUV. En premier lieu, comment entendez-vous aborder les prochaines réunions de ces quatre mois de débat public ?
ALAN PARTE - Nous nous attendions à ce type de questions, parce que nous sommes les premiers en France, dans la filière des batteries, à passer par un débat public. Nous absorbons en quelque sorte toutes les questions relatives aux modes de vie, à l'électrification, à la taille des véhicules, sur lesquelles nous n'avons pas forcément une main directe. Mais elles émergent. Ce sera à la Commission nationale du débat public (CNDP), ensuite, de les analyser, et d'adresser certaines questions plutôt au maître d'ouvrage, et d'autres, d'un autre ordre, plutôt à l'Etat par exemple.
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