C'est sans doute la mauvaise nouvelle de trop pour l'isérois McPhy... Engagée le 10 avril dernier, alors que le fabricant d'électrolyseurs rencontrait d'importantes difficultés financières liées à un l'attentisme sur le marché de l'hydrogène, la procédure de conciliation de McPhy s'est soldée par un échec.
À l'issue de la date limite pour la réception des offres de reprise, qui était fixée au 9 mai, l'entreprise iséroise constate qu'aucun repreneur ne s'est manifesté pour reprendre l'entièreté des actifs et activités du groupe, qui compte 265 salariés et était jusqu'ici à la tête de trois implantations en France, dont la première gigafactory d'électrolyseurs, inaugurée en juin 2024 à Belfort (Bourgogne-Franche-Comté), et qui comptait une trentaine de salariés. Elle possédait également une antenne en Italie et en Allemagne.
Et ce, alors qu'une offre de l'entreprise belge John Cockerill était encore sur la table mi-avril, selon nos informations. Contacté par La Tribune, un spécialiste du secteur abonde : « Au vu la situation des actifs de McPhy, mieux vaut, pour un repreneur, laisser partir le dossier en liquidation judiciaire, et ne reprendre que ce qui vaut vraiment le coup ».
D'autant plus que le belge John Cockerill, pressenti dans le cadre de cette opération, aurait un autre chat « plus urgent » à fouetter : sa propre levée de fonds, qui resterait encore à clôturer. « Après avoir levé 230 millions d'euros l'an dernier, ils ont encore besoin de recapitaliser et essaient de convaincre plusieurs acteurs belges d'entrer au capital en injectant 100 millions d'euros ». Espérée pour la fin du deuxième trimestre 2025, cette opération patine, tout en positionnant, dans la balance, l'avenir de emplois présents dans la région de Liège.
Dès ce mercredi soir, McPhy a confirmé lui-même, par voie de communiqué, qu'une nouvelle étape venait de s'ouvrir en direction d'une probable liquidation judiciaire : « la reprise potentielle, restant encore soumise à des conditions, serait faite dans le cadre d'une reprise en plan de cession portant sur une partie des activités et des actifs de McPhy, aucune offre in bonis n'ayant été reçue ».